L’ONU estime que Julian Assange a été « détenu arbitrairement »

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Par Elodie le

L’ONU a finalement estimé que Julian Assange était détenu illégalement. Une décision (non contraignante) qui n’aura « pas d’incidence sur l’enquête en cours » a tenu à préciser la Suède et le Royaume-Uni. Réfugié depuis plus de trois ans au sein de l’ambassade équatorienne de Londres, Julian Assange peut-il espérer une porte de sortie ?

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Julian Assange a été « arbitrairement détenu par les gouvernements de suède et du royaume uni depuis son arrestation à Londres le 7 décembre 2010, en contravention avec les règlements internationaux » a estimé la commission sur la détention arbitraire (WGAD), mandatée par l’ONU, dans un communiqué. Le fondateur de Wikileaks conserve donc « sa liberté de mouvement » et doit être indemnisé par les autorités suédoises et britanniques.

L’information a fuité en fin de journée jeudi 4 février avant l’annonce officielle censée tomber aujourd’hui. information confirmée par la Suède.

Amené à se prononcer sur son sort après le dépôt d’une plainte d’Assange en septembre 2014 contre la Suède et la Grande-Bretagne pour contester sa détention, le groupe de travail, composé de 5 experts internationaux, a considéré que le fondateur de Wikileaks était détenu arbitrairement depuis plus de 3 ans maintenant.

Pour fonder sa décision, le WGAD s’est appuyé sur deux critères : le fait qu’il a été mis à l’isolement lors de sa première arrestation en Grande-Bretagne, mais surtout le « manque de célérité » de la justice suédoise dans cette affaire. Comme Quito l’a rappelé ces dernières semaines : la Suède a toujours eu la possibilité d’interroger Julian Assange au sein de l’ambassade. Julian Assange a même consenti à un prélèvement ADN.

En cas d’arbitrage défavorable du groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (WGAD), Julian Assange avait assuré qu’il se rendrait à la police britannique, ce dénouement n’aura finalement pas lieu.

Si l’ONU annonce demain que j’ai perdu mon affaire contre le Royaume-Uni et la Suède, je sortirai de l’ambassade vendredi à midi pour être arrêté par la police britannique. […] Cependant, si je l’emporte et s’il est reconnu que les parties étatiques ont agi illégalement, j’attends la restitution immédiate de mon passeport et la fin de toute nouvelle tentative de m’arrêter.

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Son avocat appelait donc à sa libération jeudi soir : « Le Royaume-Uni va devoir prendre une décision. S’il respecte ses engagements internationaux à l’égard de l’ONU, il doit respecter la décision du groupe de travail basée sur la convention de l’ONU sur les droits civils et politiques. On espère qu’il aura à coeur de libérer Assange ».

Sentant l’affaire leur échapper la Suède et le Royaume-Uni n’ont pas tardé à réagir. Les autorités suédoises ont d’ores et déjà précisé que la décision de l’ONU n’aurait aucun effet sur l’enquête en cours. Le Royaume-Uni s’empressant de préciser que compte tenu du mandat d’arrêt européen, il était « légalement obligé d’extrader ». « M. Assange n’a jamais été détenu arbitrairement par le Royaume-Uni. Il a délibérément évité une arrestation légale en choisissant de rester dans l’ambassade d’Équateur », a précisé un porte-parole du gouvernement britannique. renvoyant l’ONU à sa décision non contraignante.

Julian Assange demandait que lui soit restitué son passeport et qu’il puisse quitter l’ambassade en cas de décision en sa faveur.
Au micro de France inter ce matin, le fondateur de Wikileaks a rappelé que l’ONU a affiché sa « détermination à dire que cette décision était contraignante par une variété de mécanismes, ça pourrait même inclure des sanctions » et a précisé qu’il réagirait à la décision de l’ONU à 12 heures GMT au Frontline Club. Un lieu éloigné de l’ambassade. Sortira-t-il de l’ambassade ou communiquera-t-il par vidéo-conférence, comme il le fait régulièrement, comme Edward Snowden ?

Quoi qu’il en soit, les prochains jours seront décisifs pour Assange. La justice suédoise enquête sur plusieurs affaires d’agressions sexuelles, de harcèlement et de viol.
Les premières prescriptions concernant une affaire d’agression sexuelle et de harcèlement sont tombées cet été, mais Assange reste toujours poursuivi dans l’affaire la plus grave, celle concernant le viol d’une Suédoise commis dans la région de Stockholm en 2010, dont la prescription, plus longue (10 ans), ne tombe pas avant 2020.

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