[Publicités] Toujours plus de adblockers sur mobile

Business

Par Elodie le

De 200 millions il y a un an, ils seraient aujourd’hui 419 millions à utiliser un adblocker sur leur smartphone. Une tendance toujours à la hausse, au grand désespoir des éditeurs et annonceurs, pour qui le mobile est le nouvel eldorado publicitaire .

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En 2015, PageFair dresse ce constat : 200 millions d’internautes dans le monde utilisent un bloqueur de publicité sur leur PC, générant un manque à gagner de 21,8 milliards de dollars (19,8 milliards d’euros) pour les sites internet.

Malgré les initiatives qui se sont multipliées pour contrer le phénomène, encore récemment en France avec l’offensive des sites de presse, la tendance ne faiblit pas. Ils seraient aujourd’hui 419 millions à utiliser un bloqueur de publicités (adblocker) sur leur smartphone, selon le dernier rapport publié par PageFair.

Une pratique qui s’est donc déplacée du PC aux smartphones. Et cela n’a rien de surprenant puisque l’accès à internet se fait de plus en plus sur mobile, notamment sur les marchés émergents peu pourvus en ordinateurs, mais où une grande partie de la population est dotée d’un smartphone. Les publicités étant très gourmandes en data, notamment avec les vidéos qui s’ouvrent toute seule, un bloqueur de publicité s’avère nécessaire pour naviguer plus rapidement et à moindre coût.

Ainsi, 22 % des détenteurs d’un smartphone dans le monde utilisent un adblocker. Un phénomène grandissant qui se vérifie surtout en Asie et en Amérique du Nord. En Europe, l’utilisation des adblockers est également en augmentation, mais dans des proportions moindres : en France par exemple, seulement 1,3 million de personnes utiliseraient un bloqueur de pub sur leur mobile selon PageFair, idem au Royaume-Uni. En Allemagne, qui a vu naître la société Eyeo, éditrice du logiciel AdBlock Plus, cette part est réduite à 1,1 million de personnes, les Allemands privilégiant les adblockers sur PC.

Selon StatCounter, UC Browser, le navigateur du géant chinois Alibaba, est le plus utilisé au monde, surtout en Chine, où un tiers de la population y a recours, en Inde et en Indonésie (cette part s’élève à 60 %), mais aussi en Russie. Les pays les plus fervents partisans des bloqueurs de publicités sont le Pakistan, la Russie, l’Arabie Saoudite ou encore le Brésil.

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Alors que la vidéo et le mobile sont désignés comme le nouvel eldorado des annonceurs, les internautes, PC ou mobile, conchient les publicités qui sapent leur navigation. Les firmes high-tech l’ont bien compris et suivent le mouvement initié par leurs clients. Ainsi, il n’est plus rare de trouver des navigateurs avec bloqueur de publicités intégré, que ce soit sur IOS ou Android où l’on en dénombre pas moins de 45 !

Si, Google avait choisi de retirer les bloqueurs de pub de son magasin en ligne Google Play, le géant californien étudierait la possibilité d’inclure un bloqueur de publicités intrusives sur son navigateur maison, Chrome.

De son côté, Apple proposerait pas moins de 229 applications de blocage sur l’App Store selon PageFair, mais elles n’auraient généré que 4,5 millions de téléchargements en 7 mois. Ce qui n’empêche pas PageFair de prédire que le cap du milliard d’utilisateurs sera bientôt dépassé.

Facebook et Twitter ne sont pas épargnés puisque certaines app bloquent leurs publicités natives. Rappelons que Facebook tire 90 % de ses revenus de la publicité et entend en proposer toujours plus, même aux internautes non inscrits sur sa plateforme.

La publicité n’en est pas moins vitale pour les sites qui se financent quasi exclusivement sur ces revenus publicitaires. Une information et/ou du contenu gratuit pour les internautes ne l’est pas nécessairement pour les sites et éditeurs de contenus. Si l’industrie de la publicité a fait son mea culpa pour avoir pollué la toile et concouru au phénomène, il devient urgent de repenser les formats publicitaires intrusifs qui minent l’ensemble du secteur.

Une étude publiée par Juniper research estiment les pertes de revenus liées aux bloqueurs de publicités à 27 milliards de dollars d’ici 2020, soit 10 % des revenus de la publicité digitale.

« Les bloqueurs de publicité menacent tout le secteur du mobile, prévient le fondateur de PageFair Sean Blanchfield en préambule du rapport. En Europe et en Amérique du Nord, l’incapacité à répondre aux attentes des utilisateurs va conduire à la même situation qu’en Asie ».

Donc acte maintenant.