Offensive des sites de presse contre les adblockers

Business

Par Elodie le

Depuis lundi, plusieurs sites d’information ont lancé une opération pour contrer l’expansion des bloqueurs de publicités et expliquer aux lecteurs le pourquoi d’une telle offensive.

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« Pour accéder à votre contenu, veuillez désactiver votre bloqueur de publicité ». Les sites de presse passent à l’offensive. L’Équipe, Le Parisien, Le Figaro, Le Monde, mais aussi Le Point, les sites de Lagardère Active ou encore 20 Minutes, tous participent à une action commune pilotée par Le Geste, l’organisation qui fédère les principaux éditeurs professionnels de contenus et de services en ligne.

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À l’instar de l’éditeur allemand, Axel Springer, qui procède de la même manière depuis quelques mois sur le site du magazine Bild, et tout comme Forbes ou Wired depuis peu, « les éditeurs de contenus et de service en ligne » sont invités « à déployer un dispositif pédagogique sur une semaine, mais certains éditeurs peuvent décider de maintenir le dispositif plus longtemps », explique ainsi une porte-parole du Geste.

« Pour permettre à nos 400 journalistes de vous apporter chaque jour une information de qualité, fiable, variée, et pour pouvoir continuer à vous proposer des services innovants et performants, nous devons pouvoir compter sur les revenus de la publicité », explique ainsi Jérôme Fenoglio, directeur du Monde.

Chaque site est libre du message qu’il entend véhiculer, mais aussi de l’alternative qu’il souhaite proposer. Certains sites demandent uniquement à ses lecteurs de désactiver le bloqueur de publicité pour leur site (ou de les mettre sur liste blanche), quand d’autres proposent un abonnement promo en prime, à l’image du quotidien du soir ou de l’Équipe, débarrassé de toute réclame.

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En fin d’année dernière, Le Geste appelait à « une action commune de sensibilisation de leurs lecteurs utilisateurs d’adblocks ». Arguant que « de nombreux éditeurs membres du GESTE fortement impactés par les adblocks souhaitent rappeler que leurs contenus et services ne sont pas gratuits ».

Exaspérés par les différentes publicités en ligne qui pullulent sur la toile, les internautes sont de plus en plus nombreux à opter pour les adblockers. Ils ont néanmoins la possibilité de choisir les sites qu’ils souhaitent voir figurer dans leur liste blanche et dont les publicités pourront être affichées.

Selon un sondage Ipsos paru ce mois-ci, 3 Français sur 10 ont déjà opté pour un bloqueur de publicité.

L’enjeu n’est pas tant de convaincre les internautes de se passer de ce type d’outils, que de repenser les formats publicitaires. En octobre dernier, l’industrie de la publicité en ligne faisait son mea culpa pour avoir souillé internet et le marché de la publicité en ligne afin de grappiller « quelques centimes ».

Si les sites internet ont évidemment besoin de ressources, et parmi elles, les revenus publicitaires tiennent bonne place, il devient urgent de revoir la quantité, mais aussi la qualité des publicités affichées.
Certains formats sont encore trop intrusifs (pop-up, interstitiels, slide in, etc.), les régies publicitaires ont également un rôle à jouer pour rendre leurs publicités « acceptables », à l’image de ce qu’entend proposer Eyeo, la société éditrice d’Adblock Plus : des publicités statiques, textuelles (pas d’image), non invasives (placée discrètement), reconnues comme telle (pas de publicités déguisées), et sans liens hypertextes insérés sur du contenu texte.

De nombreux sites adhèrent à ce programme pour figurer sur la fameuse liste blanche. Cette entrée dans le Saint des Saints ne se ferait pas sans rétribution, certains éditeurs n’hésitant plus à parler de racket.
Une pratique dénoncée par Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de L’Express, dans un article intitulé « Pourquoi il faut bloquer les bloqueurs de pub » : « Les adblockers ne sont pas des anges. Ils laissent passer certaines bannières ou lèvent les barrières sur certains sites moyennant rétribution, tout ça dans la plus grande opacité ».

Il y a donc urgence à agir : une étude venait chiffrer le manque à gagner des sites internet à imputer aux adblockers à 22 milliards d’euros en 2015. Tout le monde s’accorde là-dessus. Il n’y a donc plus de problème, juste des solutions… à trouver !