[#PanamaPapers] Le lanceur d’alerte arrêté à Genève ?

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Par Elodie le

Il se faisait appeler John Doe et expliquait dans son manifeste avoir agi pour mettre en lumière la corruption massive et généralisée qui gangrène le monde. Le lanceur d’alerte à l’origine des Panama Papers aurait été arrêté à Genève.

Mossack Fonseca law firm sign is pictured in Panama City

Un informaticien de l’antenne genevoise du cabinet panaméen Mossack Fonseca a été arrêté et placé en détention provisoire il y a plusieurs jours, soupçonné d’avoir « fait sortir un très gros volume de données confidentielles » révèle Le Temps.

Plus précisément, 11,5 millions de fichiers leakés des archives de Mossack Fonseca, cheville ouvrière au cœur du scandale des Panama Papers.

Le Ministère public de Genève confirme qu’une « procédure a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par Mossack Fonseca » mais ne donne pas plus de détails. « L’informaticien est notamment prévenu de ‘soustraction de données’, d”accès indu à un système informatique’ et d ‘‘abus de confiance’ », rapporte Le Temps. Une perquisition a été menée dans les bureaux genevois du cabinet et du matériel informatique a été saisi.

Des vérifications sont en cours pour déterminer si l’informaticien a bien soustrait ces données à son employeur et, si les faits sont avérés, quel type de données et à quelle période. Les avocats de l’informaticien précisent déjà que leur client « conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés »,

« Toutes les hypothèses sont ouvertes », estime pour sa part Thierry Ulmann, l’avocat genevois de Mossack Fonseca.

« Ce que nous savons, c’est que des données ont été soustraites depuis son ordinateur à Genève et que cet informaticien disposait de tous les droits d’accès. C’est sur cette base que nous avons déposé plainte pour soustraction de données et violation du secret de l’avocat. Des investigations très poussées sont menées par la police genevoise pour analyser les traces informatiques et faire toute la lumière sur ce vol de données. »

Le 5 avril, Mossack Fonseca affirmait avoir été victime d’un piratage informatique opéré depuis l’étranger. Après avoir porté plainte, Ramon Fonseca, l’un des fondateurs du cabinet, se félicitait qu’on « cherche enfin les vrais criminels ».

Pour rappel, début 2015, les 2,6 téraoctets de données confidentielle fuitées ont été transmises par une source anonyme au journal allemand Süddeutsche Zeitung, qui s’est tourné vers le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
107 rédactions, réparties dans 76 pays, ont ensuite disséquées ces documents pour en révéler la teneur au monde entier en avril dernier : un vaste système d’évasion fiscale mis en place pour cacher les avoirs d’hommes d’affaires, dirigeants, criminels, chefs d’État, sportifs, célébrités de plus de 200 pays.

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