L’outil de profilage de Facebook est sûrement le pire test de personnalité au monde

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Par Elodie le

Grâce aux données collectées lors de votre passage sur Facebook (et en dehors), le réseau social détermine votre profil publicitaire. Celui qu’il revendra aux annonceurs pour vous proposer ensuite des publicités ciblées, ou personnalisées. Le résultat est parfois très drôle. Surtout très loin de la réalité.

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En ces temps de courses à l’égo à la présidentielle, que ce soit aux États-Unis ou en France, les posts et commentaires politiques pullulent sur la plateforme.

La collecte de données, business model de Facebook

Sur Facebook l’ensemble du contenu que vous publiez est analysé et traité par le réseau social afin de déterminer votre profil et de revendre les précieuses données qui vous entourent à des annonceurs qui proposeront ensuite des publicités personnalisées affichées sur votre profil et susceptibles de vous intéresser. C’est de cette manière que Facebook récolte plus de 90 % de ses revenus.

La plateforme permet désormais à ses membres de consulter le profil qu’elle se fait d’eux dans les « préférences publicitaires », celui vendu aux annonceurs. Une initiative apparue en marge de son combat contre les bloqueurs de publicité. Facebook précise ainsi :

« Plutôt que de payer ces entreprises pour débloquer les publicités que nous affichons — comme certaines d’entre elles nous l’ont suggéré par le passé — nous donnons aux usagers le contrôle des publicités avec la mise à jour des préférences publicitaires et de nos autres outils de contrôle de la publicité »

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Des données qui servent à votre profilage publicitaire

« Nous utilisons des informations de différentes sources pour déterminer quelles pubs peuvent être intéressantes et utiles pour vous. Des choses comme vos informations de profil Facebook, votre activité sur la plateforme et vos interactions avec les entreprises peuvent influencer les pubs que vous voyez », indique encore la plateforme.

Vous pouvez également voir quels annonceurs possèdent vos coordonnées et donc ceux dont vous pouvez voir les publicités. Libre à vous d’en supprimer ou d’en ajouter.

Concernant votre profil publicitaire, il est constitué de vos centres d’intérêt, répartis en plusieurs catégories (Actualité et Divertissement, Personnes, Passe-temps et activités, Style de vie et culture, etc.).

Style de vie et culture et les annonceurs censés être pertinents
Style de vie et culture et les annonceurs censés être pertinents

Des résultats parfois (d)étonnants

Et là, les résultats laissent parfois pantois. Pour ma part, dans « Voyages, lieux et événements », je retrouve Rotterdam et Lille, villes où je ne me suis jamais rendue, je n’ai même jamais effectué de recherche dessus. Idem pour mes passe-temps qui se résument à Faune et Gemmes… Gastronomie, qui devrait être la catégorie la plus fournie (ben quoi ?) ? Sauce hollandaise… Et c’est pas fini. Shopping et mode ? Survêtement !

La partie « Style de vie et culture » est celle censée représenter votre personnalité et refléter votre tendance politique : seules deux pastilles s’y trouvent : Gratitude et 2G (US). Effectivement, Facebook semble avoir du mal à me capter .

Bon, il faut dire que je ne like quasiment aucune page sur Facebook, n’ai pas une activité débordante sur le réseau (de la veille, majoritairement), et que mes paramètres sont réduits à leur minimum. Je ne suis visiblement pas une bonne cliente.

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Exemple, style de vie et culture de notre développeur

Facebook a-t-il le droit de réunir ces informations ?

Du côté du profil de Kevin, le développeur du Journal du Geek, c’est un peu plus pléthorique, mais tout aussi étonnant : Facebook le range tantôt du côté des Conservateurs canadiens, tantôt du côté des Libéraux. Peu porté sur la religion, Christianisme et Bible figurent néanmoins dans la catégorie « Style de vie ».

Facebook a pourtant été mis en demeure par la CNIL sur sa collecte de données personnelles et l’utilisation que la firme en fait, notamment parce que le réseau social « ne recueille pas le consentement explicite des internautes lors de la collecte et du traitement des données relatives à leurs opinions politiques, ou religieuses, et à leur orientation sexuelle ».
Menlo Park a répondu à la CNIL au mois d’août, sans que ses arguments n’aient été communiqués. Toutefois, plusieurs changements sont intervenus sur la plateforme, notamment concernant l’affichage des publicités.

Facebook a tout de même besoin d’une certaine quantité de données pour affiner votre profil et le revendre – avec des milliards d’autres – aux annonceurs.

Faites donc le test et n’hésitez pas à nous faire part des résultats, étonnants ou non, dans les commentaires.