Proxima b : Des scientifiques découvrent l’exoplanète la plus proche de la Terre

Science

Par Henri le

Cela fait un moment que l’on s’intéresse aux exoplanètes, mais la découverte de Proxima B marque une tournant majeur dans la recherche.

Crédit : AFP / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / KORNMESSER
Crédit : AFP / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / KORNMESSER

L’observatoire européen austral (ESO en anglais) vient de confirmer la découverte de Proxima b, une planète située dans la zone potentiellement habitable de son étoile. Rien de très étonnant jusque-là, sauf que cette dernière n’est située qu’à 4,24 années-lumière de nous, ce qui en fait l’exoplanète la plus proche de la Terre.

On sait qu’elle orbite autour de Proxima du Centaure, qui est évidemment l’étoile la plus proche de notre système solaire, et qu’elle est tellurique, c’est à dire principalement composée de roche. Son placement lui permet de recevoir assez d’énergie pour que de l’eau, si elle en contient, reste dans un état liquide. Un élément crucial, qui ne confirme pas pour autant la présence de forme de vie connue.

Elle rejoint les 42 autres planètes lointaines répertoriées dans les « candidates à la vie ». Mais sa proximité avec nous en fait un sujet d’étude exceptionnel. Jusqu’à présent, c’était Wolf 1061 c, située à 14 années-lumière de la Terre, qui détenait la palme. C’est dire le caractère incroyable de cette découverte. Les scientifiques de l’ÉSA n’ont d’ailleurs pas caché leur enthousiasme.

« […] “Jamais une exoplanète n’avait été découverte aussi près de nous. C’est un rêve pour les astronomes”

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La raison de cette trouvaille tardive est liée à la précision des instruments, qui s’est affinée avec le temps, mais aussi à la nature de Proxima du Centaure. Comme 70 % des étoiles qui nous entourent, c’est une naine rouge, ce qui signifie qu’elle est dix fois plus petite que notre soleil (qui est une naine jaune). Son rayonnement est donc plus faible. De plus, la constellation du Centaure est truffée d’autres étoiles plus brillantes, ce qui complique l’observation. Une analyse plus poussée de la rotation et du spectre a permis de déduire la masse de Proxima b, qui est équivalente à 1,3 fois celle de la Terre.

Vu que l’étoile autour de laquelle cette exoplanète orbite est nettement moins luisante que la notre, Proxima b se trouve mathématiquement beaucoup plus près de cette dernière. Les scientifiques estiment qu’elle se situe à 7,5 millions de kilomètres de son soleil. Une distance très faible par rapport aux 150 millions de kilomètres qui sépare la Terre du nôtre. La température théorique n’est pas élevée pour autant, puisqu’elle oscillerait en -50 et -30 °C. Dans ces conditions, l’eau aurait bien du mal à rester liquide.

C’est sans compter la présence (ou non) d’une atmosphère, qui permet de développer un effet de serre et de réchauffer la surface. “Sans cet effet de serre naturel, la température sur Terre serait également inférieure à 0 °C” précise Pedro J. Amado, chercheur à l’Institut d’Astrophysique d’Andalousie, et co-signataire de l’étude dans les colonnes de Sciences & Avenir.

Mais cette proximité pourrait malgré tout être nocive pour la vie. Proxima B reçoit en effet 400 fois plus de rayons X que la terre. Ces derniers ont un effet néfaste puisqu’ils entraînent des lésions parfois difficilement réparables au niveau de l’ADN. Mais l’espoir est vraiment permis.