SFR pourrait payer une amende record pour sa fusion jugée illégale avec Numéricable

Général

Par Elodie le

Pour avoir fusionné avec Numericable avant d’avoir obtenu le feu vert de l’Autorité de la Concurrence, SFR pourrait écoper d’une amende de 500 millions d’euros à Noël, rapportent Les Échos.

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Lorsque Patrick Drahi annonce le rachat de SFR par Numericable en 2014, l’opérateur doit encore obtenir l’autorisation de l’Autorités de la Concurrence. Annoncée en mars, cette fusion ne peut être rendue effective que plusieurs mois plus tard en octobre. Dans ce laps de temps, les deux parties ont interdiction de travailler ensemble.

Une fusion entachée d’illégalité

Oui, mais. De forts soupçons pèsent contre SFR. L’opérateur se serait montré impatient et aurait entamé une collaboration anticipée, mais surtout interdite. Une pratique commerciale illégale nommée « gun jumping » dans le jargon financier.

À en croire Les Échos, beaucoup de preuves viendraient étayer cette hypothèse. En avril 2015, la haute autorité de la concurrence et la répression des fraudes (DGCCRF) perquisitionne les locaux de la nouvelle entité SFR-Numericable. Une descente qui s’est révélée fructueuse à en croire le quotidien.

Le rapport de l’Autorité de la concurrence, remis à SFR serait « rempli d’anecdotes croustillantes. Des mails rendent compte d’instructions données directement par Patrick Drahi. Il y a beaucoup de preuves que Numericable a bien pris le contrôle de SFR avant l’heure », indique un acteur du secteur au quotidien.

Des preuves confondantes

Ainsi, le rapport pointe le lancement d’une offre box TV câblée par SFR, grâce au réseau de Numericable, moins d’un mois après la prise de contrôle effective de SFR et le feu vert de l’autorité. Un délai très court qui accréditerait la thèse d’une collaboration anticipée entre les deux opérateurs.

SFR doit désormais répondre à l’autorité de la concurrence, qui devrait rendre sa décision finale en fin d’année. Les premières rumeurs parlent d’une amende avoisinant les 500 millions d’euros. En cas de condamnation, SFR serait la première entreprise française épinglée en Europe, seulement deux autres cas sont recensés, mais aux États-Unis.

Les ennuis de Patrick Drahi ne sont pas finis : la Commission européenne s’intéresse au rachat de Portugal Télécom par Altice, maison mère de SFR, en 2014. Une prise de contrôle qui se serait également faite avant sa validation par les autorités de la concurrence.