Le parti pirate rate de peu son abordage en Islande

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Par Elodie le

Le parti pirate islandais a réalisé une percée importante en Islande lors des élections législatives de ce week-end, mais n’a pas réussi à s’approcher suffisamment du pouvoir. Il devrait tout de même s’installer dans le paysage politique local.

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Pirates des Caraïbes

Il devait diriger l’Islande, il s’est échoué sur la troisième marche du podium en réunissant 14,5 % des suffrages. En tête des sondages à la veille des élections législatives islandaises, le parti pirate, qui n’existait pas voici 5 ans, promettait de révolutionner le paysage politique islandais en cas de victoire. Toutefois, son programme électoral axé sur la création d’un « paradis numérique » en Islande, paraissait encore bien flou.

Créé en novembre 2012 et composé d’anarchistes, de hackers, de libertaires, de personnalités de la société civile et de mordus du web, le parti pirate réalise néanmoins un score historique. Il devient la troisième force du pays tout en triplant sa présence au Parlement.

Troisième force du pays

Comme le rappelle le politologue Olafur Hardarson : « Aucun autre parti, en dehors des quatre grandes formations traditionnelles, n’a jamais obtenu plus de 11 % des voix depuis l’indépendance de l’Islande en 1944 ».

Son score lui assure 10 sièges sur les 63 disponibles, soit autant, sinon mieux, que les partis traditionnels du Mouvement Gauche Vert (15,91 %) ou l’Alliance Démocratique Sociale (5,74 %, soit 3 sièges). Les alliances formées avec trois partis du centre-gauche leur ont permis de réunir 28 sièges, insuffisant pour obtenir la majorité absolue (32 sièges).

S’il revient au Parti de l’Indépendance (PI) de constituer un nouveau gouvernement (29 % et 21 sièges), le PP peut espérer faire entendre sa voix, mais devra (à nouveau) consentir à des alliances pour espérer peser dans l’hémicycle.

L’Islande pas encore prête à lâcher ses partis traditionnels

L’Islande est l’un des rares pays à avoir tiré les leçons de la crise financière de 2008. Durement touchée, l’Islande n’a pas hésité à jeter en prison les banquiers voyous et à laisser les banques couler. En 2016, le premier ministre est poussé à la démission : son nom apparaît dans le long listing des détenteurs d’un compte offshore dévoilé par les Panama Papers.

Ces résultats laissent toutefois un gout amer alors qu’un vent de renouveau semblait vouloir souffler en Islande. La population a préféré renouveler sa confiance au PI et s’est focalisée sur le Parti du Progrès – qui réalise son pire score de l’histoire, dont est issu le premier ministre démissionnaire. L’actuel ministre des finances, Bjarni Benediktsson, également impliqué, dirige toujours le PI.

La campagne brouillonne et confuse du parti pirate, ainsi que son manque de financement, n’ont sans doute pas joué en sa faveur, quand le PI a axé sa campagne sur la peur de voir le pays dirigé par un parti inexpérimenté. Très populaires chez les jeunes, ces derniers ne se sont pas déplacés en masse pour exprimer leur choix dans les urnes.

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