Pour aller aux États-Unis, prière de livrer vos mots de passe de réseaux sociaux, merci

Général

Par Elodie le

Le département de la Sécurité Intérieure américain envisage de réclamer les mots de passe des réseaux sociaux à certains visiteurs désireux d’obtenir un visa d’entrée aux États-Unis.

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Le Terminal

Après les profils des réseaux sociaux, comme Twitter, Facebook et LinkedIn sur les ESTA (facultatif), les États-Unis pourraient bientôt réclamer les mots de passe s’y référant à leurs visiteurs, a annoncé le secrétaire à la Sécurité Intérieure, John Kelly.

Les ambassades américaines pourraient exiger ce type d’information pour renforcer les contrôles des visiteurs et éliminer les menaces sécuritaires. Une mesure qualifiée de « vérification extrême » par Donald Trump et qui s’inscrit dans une volonté plus large de limiter l’immigration, à l’instar du décret présidentiel signé le 27 janvier dernier interdisant aux citoyens et réfugiés de 7 pays à majorité musulmane d’entrer aux États-Unis pendant 90 jours.

Ces mots de passe pourraient être réclamés à tous visiteurs, mais concerneraient particulièrement les réfugiés et demandeurs de visa provenant des pays visés par le décret anti-immigration – Iran, Irak, Yémen, Lybie, Somalie, Soudan et Syrie. Le secrétaire juge les procédures de contrôles effectuées dans ces pays « très faibles ».

Une “vérification extrême” pour éliminer la menace sécuritaire

« Il est très difficile de faire de véritables contrôles dans ces pays, dans les sept pays…», a-t-il déclaré lors d’une audition du Comité de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants

« Nous voulons avoir la possibilité de consulter leurs réseaux sociaux, avec les mots de passe […] S’ils viennent [aux États-Unis], nous voulons pouvoir dire quels sites internet ils consultent et qu’ils nous donnent leurs mots de passe pour que nous sachions ce qu’ils font sur Internet ».

Acceptez ou partez

Cette mesure est encore à l’étude, mais pourrait être mise en place sous peu, quand bien même cela induirait des délais plus longs pour les demandeurs d’asile. Le tri n’en sera que simplifié :

« S’ils veulent vraiment venir en Amérique, ils vont coopérer. Sinon, au suivant ».

Une nouvelle mesure qui ne manquera pas de soulever l’indignation des associations de défense de la vie privée, comme l’Electronic Frontier Foundation (EFF) ou l’ACLU, déjà échaudées par la demande (facultative) faite aux touristes de 38 pays exemptés de visa de renseigner leurs profils des réseaux sociaux sur leur formulaire en ligne (ESTA).

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