Acheter Super Bomberman R pour sa Switch est une fausse bonne idée

Jeux Vidéo

Par Corentin le

Oui, je sais. Je sais bien que vous n’avez qu’une envie, c’est de pouvoir exploiter votre Switch à fond. Je sais que vous avez envie de montrer à votre entourage son intérêt, notamment dans son aspect adaptatif et modulable. Je sais que vous avez envie de faire comme dans la publicité, de poser la console sur une table, de décrocher les Joy-con et d’entamer une partie comme ça, au débotté, avec des amis hagards. Je sais que Bomberman est un des jeux les plus adaptés aux parties locales endiablées et que tout le monde sait y jouer. Je sais aussi qu’il n’y a pas tant d’autres jeux que ça une fois qu’on a compté Zelda. Mais franchement, ne vous laissez pas avoir : Super Bomberman R ne vaut pas le coup.

Pas que ce soit un mauvais jeu en lui-même. Le concept du Bomberman tel qu’on le connaît depuis des années et des années fonctionne encore aujourd’hui et on s’amuse toujours aussi bien à tenter de se piéger à grands coups de bombes bien placées dans une arène quadrillée. Malheureusement c’est aussi tout ce que le jeu a à offrir et au prix où il est vendu, c’est assez inacceptable.

Et même là, Super Bomberman R ne fait que le minimum syndical. Pas de mode de jeu particulièrement innovant, aucune nouveauté notable, un nombre d’arènes limité dont un grand nombre est à débloquer dans un fastidieux mode solo, aucune possibilité de former des équipes, pas d’éditeur de niveaux…

Le minimum (mais en moins bien)

Le moteur 3D (le jeu tourne sous Unity) n’apporte strictement rien et retire à la lecture de jeu dès qu’il y a plusieurs hauteurs de plancher, ce qui est le cas sur certaines arènes. On lit mal les hitbox et il n’est pas rare de mourir bêtement parce qu’on a mal jaugé la distance entre son personnage et la déflagration. On se dit qu’à ce prix, ils auraient mieux fait de faire le jeu en 2D directement.

D’autant que le jeu bénéficie d’une direction artistique des personnages chouettes comme tout. Seul le mode histoire en bénéficie à l’occasion de petites saynètes bien doublées et plutôt amusantes, mais c’est bien tout et ça ne suffit pas à sauver ce mode qui est rébarbatif au possible. On se lasse bien vite de remplir des objectifs sommaires comme vider des arènes de ses ennemis, ou de trouver des interrupteurs pour débloquer la sortie, le tout sur une quarantaine de niveaux. On notera quand même la présence de quelques boss vaguement intéressants, mais inadaptés au système de jeu qui est propre à Bomberman.

Cerise sur le gâteau du remplissage, une grande partie du contenu (niveau, éléments de personnalisation du personnage, personnages bonus) doit être débloqué à l’intérieur d’une boutique in-game dont la monnaie se récupère en jouant et en rejouant au mode histoire.

Bref, aussi amusant qu’il puisse paraître, je vous déconseille l’achat de Super Bomberman R, en tout cas au prix fort. On ressent trop tous les aspects opportunistes du jeu et le fait que Konami ait finalement cherché à caser un placeholder dans le line-up de lancement d’une Switch quelque peu rachitique. D’ailleurs cette stratégie a été payante puisque le jeu est un succès commercial. Le plus gros depuis des années pour un jeu Bomberman.

Pour du multijoueur, rabattez-vous plutôt sur Snipperclips. Ou bien attendez un peu que Mario Kart 8 Deluxe sorte. Évidemment, si vous le croisez d’occasion à 15 ou 20 euros, allez, là, ça peut valoir le coup.

Super Bomberman R est disponible sur Nintendo Switch pour 50 euros.