[Impressions] Little Nightmares : Entre peur et frustration

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Par Jules le

On vous avait déjà parlé de Little Nightmares lors de précédentes impressions. Le jeu de Tarsier Studio, édité par Bandai Namco, avait laissé notre Kocobe aussi intrigué qu’effrayé par les cuisiniers (une peur depuis soignée par les marmitons de Overcooked). Mais sept mois après sa prise en main à la Gamescom 2016, la recette tient-elle toujours la route ?

Imaginez Limbo qui rencontre trois choses, à savoir la couleur, les films de Jean Pierre Jeunet et l’univers sombre de Tim Burton. Vous obtenez Little Nightmares. Dans ce jeu de plateforme en 2,5D, vous incarnez Six, une enfant chétive enfermée dans un ciré jaune. Son but ? Progresser dans « The Maw » (que l’on peut traduire par l’Antre), un étrange vaisseau sous-marin envahi par les ténèbres qui abrite moult cauchemars. Attention, on ne parle pas de monstres à tous les coins de rue comme dans Dead Space, mais bel et bien d’angoisses enfantines.

Attention, j’ai le bras long

Contrairement à mon collègue, je ne dois pas échapper à un cuisinier qui ne rêve que de me croquer, mais à un concierge aveugle aux bras particulièrement longs qui veut me câliner (en tout bien, tout honneur). Pour fuir cet odieux personnage, Six doit se faire discrète. Commence alors une partie de cache-cache angoissante. Heureusement pour elle, sa petite taille lui permet de se cacher plus facilement dans l’ombre, sous certains meubles et dans les conduits.

En revanche, sa frêle carrure rend sa progression difficile. Déjà, dès qu’un ennemi la touche, c’est terminé, le joueur est renvoyé au checkpoint précédent. Et vu la longueur de certains chargements, vous n’avez clairement pas envie de mourir. Chaque objet anodin, comme une clé, un singe mécanique ou une bouteille (souvent tous nécessaire pour sortir d’une salle), se transforment en véritable fardeau pour Six.

Et, on ne vous parle pas de la lenteur (voulue) avec laquelle notre jeune héroïne escalade une étagère. Car dans Little Nightmares, Six déambule au milieu d’un mobilier démesuré, renforçant ce sentiment de fragilité.

Lost in Frustrations

La progression à travers les différentes pièces de l’Antre est parsemée d’énigmes. Malheureusement, la plupart des puzzles se résolvent très facilement (cette dalle qui dépasse du sol à tout de l’interrupteur qui ouvrira la porte). Quant aux rares moments où vous devrez vous creuser peu les méninges, ils peuvent devenir frustrants.

On retrouve en effet le problème d’un level design trop linéaire au point que le joueur n’envisage pas une seule seconde de retourner en arrière pour progresser. On finit donc par pester, tourner en rond, tester tous les objets, avant de se rendre compte que la solution se trouvait dans la pièce précédente.

Finalement, Little Nightmares brille par son univers sombre et angoissant. Et si le propos du jeu reste encore flou à nos yeux (difficile de juger en seulement deux niveaux : veut-il nous confronter à nos angoisses, ou simplement raconter l’histoire de Six ?), on espère simplement que Tarsier Studios ne misera pas tout sur l’ambiance et la narration, mais peaufinera également les quelques défauts qui peuvent rendre le gameplay crispant.

Little Nightmares sortira sur Xbox One, PS4 et PC le 28 avril 2017.