3 questions à Christophe Bec, auteur de la bande dessinée Le Fulgur, périple qui n’est pas sans rappeler les récits de Jules Verne !

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Par Fabio le

Le premier épisode de cette nouvelle série écrite par Christophe Bec et illustrée par Dejan Nenadov, intitulée Le Fulgur, raconte une expédition sous-marine motivée – comme bien souvent – par la possible découverte d’un inestimable trésor. Après notre lecture, et en attendant la sortie du Tome 2 de l’histoire, nous avons pu poser quelques questions à son scénariste.

Au début du 20e siècle, une équipe composée de savants, aventuriers et autres hommes d’affaires embarque à bord du Fulgur, un sous-marin technologiquement impressionnant, dans le but de retrouver la cargaison perdue par un autre navire quelques années auparavant. Une équipée téméraire qui, vous vous en doutez bien, va rencontrer des choses qu’elle ne pensait même pas exister. Comme dans Olympus Mons en début d’année (dont on vous a parlé ici), Le Fulgur met l’Homme – et son orgueil – face à une nature qu’il ne soupçonnait pas. Avec ses airs de récit à la Jules Verne et son univers steampunk, cette nouvelle épopée est une de nos bonnes lectures de ce printemps. C’est pourquoi on a voulu poser quelques questions à son auteur.

Journal du Geek : Entre Olympus Mons et Le Fulgur, tu signes cette année deux albums où l’homme se retrouve face à l’insondable. Est-ce que cet « étranger », qu’il vienne du plus profond des mers ou d’une autre planète, t’a toujours fasciné ou c’est une question récente chez toi ?

Christophe Bec : Non, ce n’est pas récent, c’est un thème récurent à beaucoup de mes récits, comme la première série où je me suis impliqué au niveau de l’écriture : “Zéro Absolu” avec Richard Marazano, où on trouvait des marines confrontés à une force extraterrestre qui passait d’un corps à l’autre dans une base perdue sur une planète glaciaire. Ensuite bien sûr, il y a eu “Sanctuaire” avec Xavier Dorison, même si je ne suis pas à l’origine de cette histoire, je lui avais demandé d’appuyer l’aspect sombre et horrifique de la menace quasi invisible tapie dans l’obscurité du gigantesque dédale sous-marin, alors qu’au départ c’était plus un récit de pure action et de suspens. Ensuite, j’ai écrit des séries comme “Bunker”, “Sarah”, “Pandémoniun”, “Carthago” où en effet ce thème apparaît fortement. La mer et les océans sont les derniers endroits de la planète encore inexplorés par l’homme, alors c’est un terrain de jeu fabuleux pour un scénariste d’Aventure et de Fantastique comme moi. Mais je dirais que la thématique principale de la plupart de mes récits est la confrontation de l’Homme face à des situations extrêmes. C’est dans ces moments-là que la véritable nature de ce que l’on est se révèle. Et cet aspect me passionne.

Dans le Fulgur, on sent que tu envisages ton expédition de manière crédible, si bien qu’on a l’impression d’être face à un périple (presque) historique. C’est ce que tu cherchais à faire ?

Il faut rendre à césar ce qui appartient à César, “Le Fulgur” est une libre adaptation du roman de Paul de Sémant. Même si j’ai modifié un certain nombre de choses, modernisé des aspects, rythmé de façon plus moderne, c’est Paul de Sémant qui a conçu cette odyssée sous-marine. Crédible, je ne sais pas si c’est le bon terme, il y a surtout un charme suranné dans cet univers que l’on nomme aujourd’hui “steampunk”, je me suis fait un malin plaisir de conserver tous ces aspects et de jouer avec à fond. En fait, on peut dire un peu ce qu’on veut : la radiofulgurite est un mode de propulsion qui défie la gravité… et hop ! dans ce type de récit, ça passe.

Je veux pas présumer de la suite des deux séries, mais dans les deux cas, tes personnages n’ont peur de rien, ce sont eux qui sont à l’initiative des expéditions. Ça me fait penser à un film comme Aguirre, la Colère de Dieu, où l’homme est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Est-ce que c’est une référence ? Autrement, quelles sont tes références sur ces histoires-là ?)

Aguirre, la colère de Dieu a toujours été une référence pour moi, c’est un de mes 10 films préférés, c’est un chef d’œuvre. Mais je n’y ai pas pensé pour “Le Fulgur” à vrai dire. Mes références étaient ailleurs : Jules Verne bien sûr, mais aussi Tintin. Mes personnages n’ont pas peur de rien, en on le verra par la suite, sans rien dévoiler, cet isolement, les questions sur leurs réelles chances de survie, vont vraiment jouer sur leur moral, de différentes manières, suivant le mental et la résistance de chacun, et de façon empirique au fur et à mesure de leur progression dans le dédale de cavernes. Cet aspect était absent du roman originel, je l’ai renforcé dans mon adaptation.

Fulgur 01 – Au fond du gouffre, paru le 19 avril aux éditions Soleil, 15,50 euros