La police allemande fait irruption chez 36 personnes ayant posté du contenu « haineux »

Sécurité

Par Henri le

Lutter contre les messages de haine sur Internet n’est décidément pas une mince affaire. La police allemande vient à un coup de filet qui interroge.

Comment combattre les incitations à la haine lorsque les gens sont protégés par l’anonymat (relatif) d’internet ? Une question que se posent beaucoup de pays européens, qui ont parfois du mal à travailler de consorts avec les géants du web.

L’Allemagne semble elle aussi dans l’impasse. Heiko Mass, ministre de la Justice, a récemment initié un projet de loi qui viserait à sanctionner les réseaux sociaux avec des amendes allant jusqu’à 50 millions d’euros. Elles s’appliqueraient lorsqu’ils ne sont pas assez réactifs pour supprimer du contenu diffamant ou haineux.

Crédits : Heiko Maas
CC SPD Saar

Un loi qui ne fait pas l’unanimité

Un projet de loi qui n’a évidemment pas plu aux entreprises en question, notamment Facebook, qui s’est empressé de le faire savoir

« La loi ne peut pas transférer ses propres lacunes et responsabilités aux entreprises privées. La prévention et la lutte contre les discours haineux et les fake news est une responsabilité publique que l’État ne peut esquiver » (via DW.com)

Cependant, le pays n’a pas complètement renoncé à une action sur son sol. Trente-six descentes ont donc été organisées chez des personnes accusées d’avoir publié des messages de haine. On y retrouve pêle-mêle des messages racistes, parfois homophobes et même des menaces, comme l’explique le New York Times.

Pas de solution idéale

La majorité des personnes arrêtées sont soupçonnées d’appartenir à des mouvements d’extrême droite, mais pas seulement. Deux autres auraient aussi des liens avec l’extrême gauche tandis qu’un dernier individu est lui suspecté de harcèlement envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle.

La sanction abusive de Facebook pourrait donc avoir l’effet inverse, et pousser le site vers la censure. On se rappelle d’ailleurs de la polémique qui avait entouré la publication de « L’origine du monde » de Gustave Courbet. L’action des forces de l’ordre se pose donc comme une situation locale efficace, mais difficilement tenable sur la durée. Empêcher ces nuisances sans étouffer la liberté d’expression ne sera donc pas une mince affaire.