Optimiste, Macron veut achever le plan Très haut débit en 2020

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Par Elodie le

Promesse de campagne de François Hollande, le plan Très Haut Débit (THD) est devenu celui d’Emmanuel Macron. Et comme le nouveau président est un homme pressé, il entend clôturer ce chantier deux ans avant le terme prévu par la précédente administration. Une promesse bien difficile à tenir.

Tel que promis par François Hollande, le plan Très Haut Débit doit couvrir en fibre tout le territoire national d’ici fin 2022. En début d’année, le gouvernement communiquait sur la bonne avancée du projet : depuis fin 2016, avec un an d’avance, 50 % de la population est déjà couverte.

Une bonne marche qui ne semble pas suffisante pour le Président : lors de la conférence nationale des territoires, Emmanuel Macron a annoncé vouloir « encore accélérer le calendrier afin de parvenir à une couverture en haut et très haut débit d’ici à la fin de l’année 2020 », soit deux ans plus tôt que le plan THD de Hollande.

En marche vers la complexité

Des propos réitérés dans un tweet sur le compte Twitter officiel du président… effacé depuis !

Peut-être s’est-il rendu compte de l’optimisme débordant d’une telle annonce. Si le déploiement de la fibre avance bien, certaines zones attendent encore de découvrir la 3G. Le président préfère donc nuancer : oui, il veut accélérer le plan Très Haut Débit, mais tout le monde ne pourra pas profiter de la fibre dans le laps de temps imparti : « Il ne faut pas mentir aux gens : on ne mettra pas [la fibre] partout jusqu’au dernier kilomètre dans le dernier hameau », avait-il déclaré en début de mois.

Un plan mêlant fibre et 4G

Contradictoire ? Pas pour la pensée complexe du président Macron : le plan Très Haut Débit pourra être accéléré sans forcément privilégier la fibre grâce… à la 4G. Privilégiant plutôt « une solution mixte où on marie la fibre et les innovations technologiques qui permettent d’avoir la 4G à bon niveau partout ». On est loin du 100 % fibre optique, mais le gouvernement se veut pragmatique, notamment pour parvenir à connecter au plus tôt les fameuses zones blanches et autres zones rurales et moyennement peuplées. Ce qui ne manquera pas de raviver une nouvelle fois la guerre entre les opérateurs, ces derniers se montrant peu enclins à mettre la main à la poche pour équiper ces régions.

« Les déploiements ne sont pas assez rapides, les opérateurs, aujourd’hui, rechignent encore dans les endroits qui sont les moins rentables. Nous devons donc, d’ici à la fin de l’année, prendre des mesures nouvelles d’incitation et de contrainte à l’égard des opérateurs de téléphonie », avance le président.

L’investissement initial prévu pour le plan THD est de 20 milliards d’euros, partagés entre les opérateurs privés, les collectivités territoriales et l’État. Mais la Cour des Comptes tablerait plutôt sur 35 milliards d’euros.

Pourquoi se précipiter alors ? « Si je vous dis fin 2020, je sais que j’aurai encore l’année 2021 pour pouvoir rattraper les retards » avant 2022 prévoit Macron. En effet, en cas de réussite, ce sera toujours ça que ses potentiels concurrents à l’élection présidentielle n’auront pas.