Patrick Drahi envisage le rachat de Charter, le 2e câblo-opérateur américain

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Par Elodie le

Le patron d’Altice poursuit sa conquête de l’Amérique, mais l’aventure pourrait s’avérer plus périlleuse que prévue.

crédits : © École polytechnique – J.Barande – Flickr

Patrick Drahi a bien l’intention de concrétiser son rêve américain, deux ans après son arrivée et le rachat de Suddenlink et Cablevision pour 24 milliards de dollars. Selon CNBC, Altice via sa filiale américaine Altice USA, étudierait une éventuelle offre de rachat de Charter, le 2e câblo-opérateur du pays, dont 20,5 % du capital est détenu par John Malone, CEO du conglomérat Liberty Media, le modèle de Patrick Drahi, nous apprend Les Échos.

Ce dernier a fait de Charter Communication le deuxième câblo-opérateur en rachetant, en 2015, le groupe qui occupait cette place avant lui, Time Warner Cable, pour 55 milliards de dollars.

Racheter le groupe de son mentor

Pourtant, celui qu’Al Gore n’hésite pas à surnommer « Dark Vador » en référence à ses méthodes de négociations toutes personnelles, pourrait doucher les espoirs de l’homme d’affaires français : l’actionnaire majoritaire n’aurait aucune intention de vendre : « Pour être attrayante, une offre devra démontrer qu’elle apportera davantage de valeur et de possibilités que l’excellente position de l’entreprise », avance Greg Maffei, le DG de Liberty Media.

Et c’est peu dire puisque Charter bénéficie d’une capitalisation boursière s’élevant à quelque 120 milliards de dollars, contre 31 milliards d’euros pour Altice et 23 milliards de dollars pour Altice USA.

Selon les analystes, l’opération souhaitée par Drahi pourrait donc atteindre les 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros), dettes comprises. On voit mal comment Patrick Drahi pourrait réussir un tel tour de passe-passe.

Une opération à 220 milliards de dollars

Mais l’homme d’affaires n’en est pas à son coup d’essai et nous a habitués à des rachats effectués avec une dette astronomique dans les bagages. Actuellement, la dette d’Altice s’élève à 50 milliards d’euros. Mais le patron d’Altice n’hésite pas à appliquer les mesures qui s’imposent pour rendre son groupe compétitif, c’est-à-dire à effectuer des coupes budgétaires et à tailler dans les effectifs. Un plan de licenciement est déjà en œuvre et Drahi souhaiterait même en accélérer la cadence.

Quoi qu’il en soit, Altice n’est pas la seule firme à lorgner sur Charter, le japonais Sofbank est déjà sorti du bois via l’opérateur américain Sprint, dont il est actionnaire majoritaire. Sans succès. Le géant des télécommunications Verizon serait également sur les rangs. La conquête de l’Ouest ne fait donc que commencer.