[Impressions] On a décrypté Fable Fortune pour vous : quel avenir pour ce nouveau concurrent d’Hearthstone ?

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Par Fabio le

En accès anticipé sur Steam depuis le mois dernier, Fable Fortune ambitionne, comme un Gwent ou un The Elder Scrolls Legends, de récupérer une part de l’appétissant gâteau du jeu de cartes vidéo. Après plusieurs heures passées sur cette version anticipée, nous avons décidé de vous autopsier la bête.

Le deck

Veuillez nous excuser par avance, on va souvent mettre en perspective les éléments qui composent Fable Fortune avec ceux d’Hearthstone. D’une part car ce dernier est la référence incontestable sur le créneau et d’autre part, car Fable Fortune, plus que les concurrents qu’on a cités plus haut, calque la plupart de ses mécaniques de jeu sur celles du titre de Blizzard Entertainment.

Tout comme dans Hearthstone donc, un deck sur Fable Fortune se compose de 30 cartes. Comme dans Hearthstone aussi, vous trouverez dans le pool de 514 cartes existantes (à débloquer) des cartes neutres, utilisables par toutes les classes, et des cartes propres à chaque classe.

Les classes

Ces classes, elles sont au nombre de six : Alchimiste, Fossoyeur, Chevalier, Marchand, Prophète et Changeforme. Elles correspondent aux héros de Hearthstone ; chaque héros dispose d’ailleurs de 30 points de vie au départ. Chaque héros possède deux pouvoirs, qu’il peut activer une fois par tour s’il a les ressources nécessaires (qui se comptent ici en pièce d’or). Le premier de ces pouvoirs est un pouvoir propre à chaque héros, et coûte deux pièces d’or à l’utilisation. Ils sont divers et variés : le Prophète peut soigner de deux points de vie, le Chevalier créer une invocation Paysan 1/1 alors que le Changeforme pourra infliger un point de dégâts à la cible de son choix.

Le second pouvoir est commun à toutes les classes, et c’est un élément qui mine de rien, permet à Fable Fortune de proposer une expérience un tantinet différente de celle d’Hearthstone. Pour une pièce d’or, vous allez pouvoir conférer une simili-Provocation à un de vos serviteurs, c’est-à-dire que les combattants adverses devront détruire ce serviteur avant de pouvoir attaquer votre héros.

Les cartes

Comme dans tout jeu de cartes, on trouvera des cartes de sorts et des invocations. Concernant ces dernières, elles possèdent une force et une résistance. Comme dans Hearthstone, une unité qui perd des points de résistance ne les regagne pas au tour suivant (contrairement à Magic, par exemple).

Certaines créatures disposent également de capacités. Par exemple, Big Entrance équivaut au Cri de Guerre d’Hearthstone, soit un effet qui se déclenche quand la créature arrive en jeu. Rush correspond à Charge, soit la possibilité d’attaquer le tour où la créature arrive en jeu. Dernier souffle permettra à la créature qui le possède de déclencher un effet à sa mort (coucou Râle d’agonie).

Pour le bestiaire, Fable Fortune ratisse large dans la fantasy : loups, goules, nymphes, paysans, trolls, humains… Concernant les sorts pour terminer, c’est là aussi du classique : des soins, des dégâts de zone ou ciblés, des buffs et des débuffs divers et variés.

Le plateau de jeu

En PvP, il se situe dans un cadre bucolique, au cœur d’une clairière entourée d’un petit bois dans Rosewood (on sera ensuite amené à jouer dans d’autres lieux de la série de jeux vidéo). Les unités des deux joueurs sont représentées par des statuettes posées sur un socle en bois. Quand bien même les unités meurent par dizaines au cours d’une partie, l’ambiance est familiale : les oiseaux chantent et une douce musique berce les affrontements. Le relief accroche bien l’œil, c’est assez réussi. Et le design très rond des unités respecte l’esprit de la série.

En revanche, sur cette version, certains éléments manquent encore de lisibilité, comme la main adverse, située loin en arrière-plan, et le plateau est peut-être un peu chargé quand il est rempli (six unités au maximum peuvent batailler de chaque côté). Il manque également quelques petits éléments informatifs, comme la possibilité de voir combien il nous reste de cartes dans la bibliothèque (ou dans la bibliothèque adverse).

Le système de jeu

Si le Gwent et The Elder Scrolls Legends ont des mécaniques très particulières qui leur permettent de se démarquer d’Hearthstone (au sens où on va appréhender les choses de façon vraiment différente), ce n’est pas le cas des Fable Fortune, qui reprend la plupart des mécaniques d’Hearthstone. Le jeu se démarque principalement par deux éléments : le second pouvoir dont on a parlé plus haut, qui permet pour une pièce d’or de donner Provocation à une créature, et un système de quêtes en jeu permettant de gagner des cartes et de faire évoluer le pouvoir unique de son héros.

Concernant la Provocation. Ce pourrait paraître un détail mais ça demande quand même de repenser un peu son approche du combat, et de construire son deck en conséquence. Sachant qu’à chaque tour, ou presque, vous devrez casser la Provocation adverse (certaines cartes le permettent) ou tuer la créature avec Provocation pour taper le héros adverse.

Concernant le système de quêtes. En début de partie, on va vous demander de choisir entre trois cartes de quêtes, faciles à résoudre. Par exemple, ce sera invoquer deux créatures qui coûtent plus de 6 pièces d’or, ou lancer deux sorts de soins ou posséder 3 créatures sur le plateau, etc. Remplir la quête sera récompensée par l’ajout d’une carte bonus dans sa main ainsi que par la possibilité de faire évoluer le pouvoir unique de votre héros. Deux options vous seront alors proposées, l’une qui tend vers le « bien » et l’autre vers le « mal ». Par exemple, un Prophète qui a choisi le « mal » va voir son pouvoir évoluer de « soigner de 2 » en « soigner de 2 et si c’est une créature qui a été ciblée, lui rajoutera +1 de résistance ». Si c’est le « bien » qui a été choisi, ce sera : « soigner de 2 une créature ou de 4 le héros ». Une autre quête vous est alors confiée, vous permettant, à sa résolution, de changer le pouvoir divin vers la voie que vous n’aviez pas empruntée la première fois (ou de poursuivre sur celle-ci).

Si cette seconde idée est intéressante, on regrettera qu’elle ne change pas foncièrement la façon de jouer, en partie parce que les deux options d’évolution ne sont sans doute pas assez différentes l’une de l’autre.

Les modes de jeu, le prix

En l’état, Fable Fortune propose de l’entrainement contre une intelligence artificielle (normal et difficile), un mode duel compétitif et un challenge mode en co-op. Le jeu étant en accès anticipé, on peut s’attendre d’ici la sortie à de nouveaux modes de jeu ou à des évolutions dans les modes existants.

Par ailleurs, Fable Fortune dispose bien évidemment d’une boutique où l’on peut acheter des boosters (en monnaie du jeu ou en payant : 8,99 euros les 7 paquets, 62,99 euros les 60 – c’est un peu moins cher qu’Hearthstone) et d’une zone Collection pour construire son deck et crafter des cartes.

Premières impressions

Compte tenu du stade de développement de Fable Fortune, qui a été lancé en accès anticipé le mois dernier, on devra bien évidemment rester prudent. Avec les retours des joueurs, qui seront pris en compte ont promis les développeurs, le jeu devrait évoluer et notamment gommer les petits défauts visuels qu’on a relevés ici ou là.

En l’état, le titre est déjà très agréable visuellement alors que la prise en main est immédiate pour qui manie Hearthstone. Non, le problème de Fable Fortune, c’est plutôt qu’il manque de personnalité, ou plutôt qu’il manque d’une ou deux mécaniques le démarquant de ses principaux concurrents. Le côté « bluff » du Gwent et le plateau de jeu divisé de The Elder Scrolls Legends exigent une approche tactique complètement différente de celle d’Hearthstone. Fable Fortune lui, n’a pour l’heure à proposer qu’un système de quêtes et de moralité qui n’est pas encore assez abouti pour laisser une empreinte durable. À voir si les développeurs sauront (et voudront) creuser de ce côté-là.

Fable Fortune, disponible en accès anticipé et en free to play sur PC/Steam