Un texte vient d’entrer en vigueur, mais personne n’est capable de dire précisément à quoi il s’applique. La situation est un peu absurde depuis quelques semaines pour des centaines de milliers de jeunes conducteurs français. Sur le papier, ils et elles ne sont plus autorisés à conduire certaines voitures jugées trop puissantes pendant la durée de leur permis probatoire. Le texte prévoit des sanctions pouvant grimper jusqu’à 15 000 € d’amende et un an d’emprisonnement en cas de manquement, mais impossible, pour l’instant, de savoir avec certitude quels modèles de voitures tombent sous le coup de cette interdiction.
La loi RIPOST, pourquoi faire ?
Le texte en question s’appelle la loi RIPOST. Adopté définitivement par le Parlement le 21 juillet 2026 et entré en application à la mi-juillet, il rassemble plusieurs mesures censées lutter contre des comportements qui mettent en danger les usagers de la route. Son article 3 s’attaque spécifiquement à l’accès des jeunes conducteurs aux véhicules puissants.
Concrètement, la loi interdit à toute personne en période de permis probatoire de conduire une voiture jugée trop puissante, que ce soit en l’achetant, en la louant ou en se la faisant prêter. Les loueurs et les plateformes de location entre particuliers sont eux aussi dans le viseur du texte : ils risquent une amende pouvant atteindre 1 500 €, doublée en cas de récidive, s’ils mettent un véhicule concerné à disposition d’un jeune conducteur.
Un décret attendu à l’automne, en plein flou juridique
Le problème, c’est que la loi ne définit à aucun moment ce qu’est une « voiture puissante ». Le législateur a renvoyé cette précision à un décret d’application, qui n’a toujours pas été publié à ce jour. Personne, à ce stade, n’est en mesure de répondre avec certitude à la question, y compris les forces de l’ordre chargées de faire respecter le texte. Cette absence de seuil chiffré crée une situation difficile à tenir pour les professionnels de la location automobile. Sans référentiel précis, chaque contrat de location peut être jugé hors-la-loi, et les plateformes d’intermédiation entre particuliers n’ont pour l’instant aucun moyen technique de bloquer automatiquement les réservations concernées.
Le gouvernement a indiqué que le décret précisant les critères exacts serait publié à l’automne 2026, sans donner de date plus précise. En clair, l’incertitude devrait durer encore plusieurs mois, potentiellement jusqu’en fin d’année.
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