Des porcs clonés pourraient bientôt fournir des organes pour l’homme

Science

Par Jules le

Les scientifiques chinois en sont persuadés, le clonage de porc pourrait, dans un avenir proche, servir à fournir des organes aux êtres humains. Désastre éthique ou nouveau pas pour la santé de l'homme ?

Voici un dilemme moral comme seul l’homme sait les créer. Jusqu’où doit-on être prêt à aller pour assurer la survie et la bonne santé de l’espèce humaine ? En effet, des chercheurs chinois estiment que dans un futur proche, l’humanité pourrait produire des organes de remplacements à partir de porcs clonés, pour répondre à la demande des personnes malades et nécessiteuses d’une transplantation.

Il faut dire que les premiers tests dans le domaine sont prometteurs. Une expérience conduite par le National Institutes of Health a démontré qu’un babouin avait survécu près de trois ans avec un coeur transplanté depuis un porc.

L’homme est un porc pour l’homme

Que la Chine s’intéresse particulièrement à la culture d’organes depuis des porcs clonés n’a rien d’étonnant. Outre le fait que le pays abrite la plus grande ferme de clonage du monde, la Chine connait un nombre d’accidents cardiovasculaires, d’hépatites et de cancers du poumon toujours plus élevé d’année en année. Selon plusieurs officiels chinois de la santé, moins de 10 000 citoyens chinois ont fait don de leurs organes entre 2010 et 2016.

La solution de la transplantation d’organes depuis des porcs clonés est donc alléchante. D’autant que plusieurs scientifiques assurent que les premières expérimentations sur l’homme auront lieu d’ici deux ans. À condition que la réglementation l’autorise. Car vous l’aurez sans doute deviné, cette avancée scientifique pose un sérieux problème d’éthique. Un problème que les autorités ne semblent pas prêtes d’aborder.

“Nous avons des patients qui meurent à cause de l’absence de transplantation, et leurs proches désespérés qui veulent les voir vivre. Mais lorsque nous nous tournons vers les autorités chargées d’approuver les tests cliniques, tout ce que nous obtenons c’est le silence”, explique Zhao Zijian, directeur du Centre de recherche sur les maladies métaboliques de l’Université médicale de Nanjing. “Nous comprenons qu’il est difficile pour le gouvernement de prendre une décision, mais il est temps que nous ayons une réponse”.