Privé de licence, Uber est en sursis à Londres

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Par Elodie le

Le service de VTC vient de se voir refuser le renouvellement de sa licence d’exploitation à Londres. Un nouveau coup dur pour la compagnie après des mois de polémique et le départ de son fondateur et CEO Travis Kalanick.

À partir du samedi 30 septembre, Uber ne pourra plus circuler dans les rues de Londres. Transport for London, la régie des transports londoniens pointe le manque de « responsabilité » de la licorne californienne. Le service de VTC se voit donc retirer sa licence d’exploitation : « L’approche et la conduite d’Uber démontrent un manque de responsabilité d’entreprise en relation avec un certain nombre de problèmes qui peuvent avoir des conséquences en matière de sûreté publique et de sécurité ».

Manque de “responsabilité”

Parmi les griefs :
– un manque de transparence, notamment sur les agressions perpétrées par ses chauffeurs ;
– les vérifications du casier judiciaire des chauffeurs (DBS – Disclosure and Barring Service) ;
– les certificats médicaux des chauffeurs ;
– l’utilisation du logiciel espion Greyball.

La firme n’a pas attendu les 21 jours de délai imparti pour faire appel de la décision. En attendant que la procédure arrive à son terme, elle pourra laisser ses chauffeurs circuler dans Londres. Cette décision intervient quelques jours après la hausse spectaculaire de tarifs de licence annoncée par Transport for London. Ces derniers ont littéralement explosé passant de 2 826 livres sterling (3 212 euros) à 2,9 millions de livres sterling (environ 3,3 millions d’euros) pour les cinq prochaines années. Huit catégories sont concernées en fonction de la taille des entreprises de VTC : de 2 000 livres sterling pour une compagnie de moins de dix voitures, à 2,9 millions de livres sterling pour celles comprenant plus de 10 000 voitures, en l’occurrence Uber. Pour la régie cette hausse devrait permettre aux services de VTC de respecter les règles en vigueur à Londres.

40 000 chauffeurs concernés

En cas d’interdiction définitive, ce sont quelque 40 000 chauffeurs et 3,5 millions d’utilisateurs londoniens qui se trouveraient concernés. Uber se dit déjà prêt à faire des concessions, notamment sur le nombre d’heures travaillées et les congés payés.

C’est une mauvaise période pour Uber : le cofondateur de la plateforme, Travis Kalanick, a été remercié sur fonds de polémique, les derniers résultats financiers sont mauvais (600 millions de dollars de pertes), les accusations de sexisme, de harcèlement sexuel et de corruption ont terni l’image de la firme, qui se voit également accusée de vol de technologie par Google concernant ses voitures sans chauffeurs.

Le bout du tunnel n’est peut-être plus très loin…