Prise en main de la JBL Soundgear, l’enceinte personnelle que l’on porte autour du cou

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Par Gaël Weiss le

On connaît depuis bien longtemps les casques audio. Les enceintes sans-fil ont également intégré depuis quelques années les étagères de nos maisons. Alors pourquoi ne pas créer un produit qui mélangerait les deux ? C’est sûrement ce que s’est dit JBL lors de la conception de la JBL Soundgear. Un produit ô combien étrange au premier abord, mais qui se révèle relativement convaincant à l’usage.

Autant être honnête avec vous, lorsque j’ai déballé la Soundgear de son carton, j’étais très très sceptique. Une enceinte que l’on porte autour du cou ? J’imagine aisément un purgatoire où l’on oblige les gens qui n’ont jamais validé leur ticket de transport à rester éternellement dans un bus avec 50 personnes mettant du mauvais rap à fond sur leur propre Soundgear. En vérité, cette enceinte portable ne se destine pas vraiment à un usage mobile. Pas question de l’emmener dans les transports en commun pour profiter de sa musique. L’objectif affiché de JBL est de permettre à ses utilisateurs de profiter d’une enceinte avec une bonne qualité de son pour pouvoir se passer d’un casque lorsqu’ils sont chez eux, pour regarder un film sans déranger son entourage ou écouter de la musique ou un podcast tranquillement dans son canapé.

Un design et une ergonomie réussis

Il suffit d’ailleurs de déballer cette enceinte personnelle — puisque c’est finalement comme cela que l’on peut la caractériser le mieux — pour comprendre que l’emmener en dehors de sa maison est une mauvaise idée. La Soundgear est en effet un appareil plutôt rigide. Ses branches ne s’écartent pas, puisqu’elles sont maintenues par une coque en plastique caoutchoutée solide, mais très agréable au toucher. Il est bien possible de se promener avec quelques instants, ses formes épousent parfaitement les épaules, mais je pense qu’elle deviendrait vite inconfortable passé quelques minutes de marche. Le bon point là dedans, c’est qu’elle tient solidement autour du cou. Il faudrait vraiment faire des gestes très violents en arrière pour la faire tomber.

En fait la Soundgear a été pensée pour être utilisée dans un canapé, devant la télévision, ou dans une pièce relativement tranquille de son appartement. Pour faire la cuisine, par exemple. Son poids est d’ailleurs bien réparti et pour peu qu’on bouge assez peu, elle se fait vite oublier. Son ergonomie est d’ailleurs admirable : posée sur les épaules, elle ne bouge pratiquement pas et elle n’entrave jamais les gestes du bras ou du cou. Niveau confort, c’est une réussite.

L’appareil en lui-même respire la qualité. Du tissu acoustique recouvre la partie supérieure de l’enceinte. Sur la branche gauche se trouvent les boutons de volume et de mise en pause tandis que sur la branche droite se trouve le bouton de mise en marche d’appairage. Tout tombe très vite sous les doigts. L’installation est également très simple : il suffit d’activer le Bluetooth pour l’appairer à son smartphone. Et si l’on veut l’appairer à une télévision, une chaîne Hi-Fi ou des enceintes, la Soundgear est livrée avec un émetteur. Ce dernier, alimenté via un câble USB, se branche sur un PC ou une chaîne via un câble jack 3,5 mm ou un câble optique. Les câbles sont d’ailleurs fournis dans la boîte.

Un son très convaincant

Concernant le son, la Soundgear est une très bonne surprise. JBL a visiblement bien étudié son produit puisque le son de cette enceinte, malgré sa très grande proximité avec les oreilles, n’est jamais agressif ou trop fort. La SoundGear est parfaite pour regarder des vidéos, que ce soit sur son smartphone ou sur une télévision. Le délai entre l’image et le son est invisible. C’est également excellent pour la musique, à une condition, ne pas monter le son trop fort sous peine d’entendre les basses saturer. C’était particulièrement perceptible sur l’album Back to Black d’Amy Winehouse. En revanche, les voix, tout particulièrement, sont constamment intelligibles. C’est sûrement le point fort le plus agréable de cette enceinte : même quand le son est relativement bas, il est aisé de discerner les voix. Dans le cadre d’un match de foot diffusé à la télévision ou un podcast, le Soundgear prend tout son sens.

Le plus impressionnant sur cette petite enceinte est toutefois la retranscription du son stéréo. L’enceinte est en effet composée de quatre haut-parleurs répartis un peu partout sur les cornes de l’appareil. La sensation de spatialisation est vraiment bluffante. Pour l’avoir beaucoup utilisée sur des podcasts et des vidéos YouTube, on entend très bien les voix et les bruits provenant de la droite, de la gauche ou de l’arrière. De ce point de vue, elle n’a pas grand-chose à envier par rapport à un casque.

Reste enfin la question des proches et de leur perception du bruit produit par cette enceinte. Ici, tout dépend de l’usage. Mes collègues qui travaillent à quelques mètres de moi en open space n’ont pas particulièrement apprécié les quelques heures que j’ai passées en sa compagnie pour la tester en condition réelle, puisqu’ils entendaient en permanence un bruit de fond émis par les vidéos ou la musique que je mettais. En revanche, il faudrait vraiment pousser le son à son maximum pour qu’elle dérange quelqu’un qui travaille ou qui dort dans une pièce séparée. Une telle enceinte utilisée pour regarder la télévision ou jouer aux jeux vidéo pendant que son compagnon/compagne/colloc dort ou fait autre chose est tout à fait envisageable, voire même conseillé.

Une première enceinte personnelle très réussie. Mais pour quel public ?

La SoundGear est indubitablement une bonne enceinte personnelle et portative. Elle est confortable et permet de se passer confortablement d’un casque à condition de rester en milieu fermé. De ce point de vue, JBL a parfaitement réussi son produit. C’est toutefois un appareil au concept pour le moins étrange et original dans le monde de l’audio, qui répond à un besoin très, peut-être trop, spécifique. C’est une excellente alternative à ceux qui ne veulent plus porter de casque chez eux pour des raisons précises, à condition bien sûr d’en éprouver le besoin. La question est maintenant de savoir si cette enceinte personnelle va réussir à trouver son public.