Mark Zuckerberg s’excuse pour le scandale Cambridge Analytica

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Par Elodie le

Le PDG de Facebook s’est excusé en direct sur CNN après les révélations sur la collecte de 30 à 50 millions de données personnelles d’utilisateurs de la plateforme par la société d’analyse de données politiques pour le compte de Donald Trump. Zuckerberg concède n’avoir pas pris la mesure des enjeux suscités par cette affaire et limitera désormais l’accès aux données utilisateurs.

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Il faut que la déflagration soit mondiale et les enjeux impérieux pour voir Mark Zuckerberg opérer une sortie médiatique et faire acte de contrition. Après cinq jours de polémique et tout autant de crise interne, Mark Zuckerberg est sorti de son silence mercredi soir :

« C’était un abus de confiance majeur, et je suis vraiment navré que cela se soit produit », a-t-il assuré dans une interview accordée à CNN. « Désormais, notre responsabilité est de nous assurer que cela ne se reproduise plus ».

Responsable mais pas coupable

Depuis la création de la plateforme, c’est l’une des rares fois où Mark Zuckerberg s’excuse au nom de Facebook et le big boss ne semble y consentir que contraint par l’ampleur de la controverse. Sa page Facebook reste son média privilégié pour communiquer. Ainsi, plus tôt dans la journée, Zuckerberg a publié un long billet dans lequel il s’excuse et concède des « erreurs », notamment d’avoir cru le Dr Aleksander Kogan et Cambridge Analytica lorsqu’ils ont certifié avoir supprimé les données récoltées de manière litigieuse.

« J’ai créé Facebook et finalement je suis responsable de ce qui arrive sur notre plateforme »

Mark Zuckerberg

La seule responsabilité qu’il concède à la plateforme est celle de protéger les données des utilisateurs. Facebook a donc mis en place un plan d’action pour limiter la quantité de données partagée avec les développeurs d’application.

Une série de mesures pour protéger les données

  • Un audit de contrôle va être mis en place pour tous les développeurs qui ont accédé à un grand nombre de données, avant les premières restrictions mises en place en 2014. Tous ceux qui refuseront de s’y plier seront bannis,
  • les utilisateurs abusés seront prévenus, y compris les dizaines d’utilisateurs spoliés par Cambridge Analytica,
  • l’accès aux données utilisateurs sera restreint. Par exemple, l’accès accordé aux développeurs sera révoqué si l’utilisateur n’a pas utilisé une application depuis trois mois,
  • désormais, seuls le nom, la photo de profil et l’adresse email seront partagés avec les développeurs ,
  • les app de l’utilisateur seront désormais visible en haut de son fil d’actualité pour qu’il puisse plus facilement accorder un accès à une application ou le révoquer.

Vers une régulation de Facebook ?

C’est une sortie critique pour Zuckerberg, de nombreux politiques souhaitent qu’il vienne témoigner devant le Congrès, chose à laquelle il s’est toujours refusé. Mais l’affaire est telle qu’il s’est dit prêt à le faire. Un compromis pour le jeune homme, menacé d’une importante régulation de sa plateforme par plusieurs politiques US depuis plusieurs semaines. À CNN, il a toutefois déclaré ne pas être certain que Facebook ne doive pas être régulé.

Dans sa défense, Zuckerberg reste centrée sur l’affaire Cambridge Analytica, préférant sans doute éclipser les sujets plus larges et dangereux, comme ceux apparus dans la bouche d’anciens salariés de la plateforme exprimant leur remords d’avoir contribué à son succès.

« Je crois que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », se désolait l’un d’eux en fin d’année dernière.

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