La Chine décide de censurer les vidéos parodiques

politique

Par Anne Cagan le

Les autorités chinoises de régulation des médias ont interdit la diffusion sur le web de vidéos qui distordent ou parodient l’art ou la littérature classique mais aussi de celles qui jouent avec le montage ou les voix d’extraits de programmes radio et TV.

Fini de rire. La Chine entre en guerre contre les vidéos parodiques. Les autorités de régulation des médias du pays ont interdit la diffusion sur le web de ce type de vidéos. Deux catégories sont visées : les vidéos qui “distordent ou parodient” les classiques de la littérature et de l’art mais aussi les vidéos qui modifient le montage ou les voix d’extraits de programmes radio, TV ou Internet.

Pourquoi le web est-il le seul visé? Car les industries du film et de la télévision sont déjà strictement encadrées. Ce sont donc des blogueurs chinois qui produisaient régulièrement des vidéos parodiques dont certaines se moquant de l’actualité ou des médias contrôlés par l’État.

La vidéo d’une journaliste chinoise agacée est devenue virale

Dernier exemple en date : la vidéo d’une journaliste chinoise agacée lors d’une conférence de presse du Palais du Peuple à Pékin a donné matière à une flopée de vidéos parodiques.

Des productions que les autorités souhaitent visiblement faire disparaître à tout prix. Et elles semblent très pressées. Comme le note Reuters, la directive est en effet catégorisée comme “extra urgente” ce qui signifie que les citoyens doivent s’y soumettre immédiatement.

La Chine n’en est bien sûr pas à son coup d’essai dans le domaine de la censure. En juillet dernier, une directive bannissait les films et les blogs qui n’étaient “pas assez socialistes “. Mais la pratique s’est visiblement intensifiée depuis que le président Xi Jinping est arrivé au pouvoir.

Winnie l’Ourson, victime de la censure

Le mois dernier, après que le Parti Communiste a proposé d’abolir la limitation des mandats présidentiels, de nombreux termes ont été censurés sur le Twitter chinois, Weibo comme par exemple “je ne suis pas d’accord”, “lois constitutionnelles” ou “Winnie L’Ourson”, un surnom donné par certains au président Xi Jinping.

Puisqu’on en parle, rappelons que ce dernier a obtenu un joli cadeau le 11 mars dernier : l’abolition de la limite dans le temps de ses mandats ce qui signifie qu’il peut être président à vie.

Amour, intégrité, justice et harmonie

Pour les blogueurs chinois qui se demanderaient de quoi ils vont désormais avoir le droit de parler, la nouvelle directive imposée par les autorités donne quelques indices : les vidéos doivent avoir à coeur de promouvoir “la belle culture traditionnelle chinoise”, ainsi que ses concepts “d’amour, de souci de l’humain, d’intégrité, de justice et d’harmonie”. Tout va bien dans le meilleur des mondes…

Source: BBC