Ce tatouage biomédical pourrait aider à détecter certains cancers plus tôt

Science

Par Anne Cagan le

Cet implant mis au point par des chercheurs suisses fonce lorsqu’il détecte un taux de calcium trop important dans le sang. Il a été testé avec succès sur des souris.

Image issue de l’étude publiée sur Science Transnational Medecine.

Difficile de détecter des complications lorsqu’il n’y a pas encore de symptômes. C’est un problème que rencontrent de nombreux patients et notamment ceux atteints d’hypercalcémie maligne, note Science et Avenir. Cette complication liée à l’activité de tumeurs cancéreuses entraîne un surplus de calcium dans l’organisme. Malheureusement, elle est souvent détectée tardivement au moment de l’apparition des premiers symptômes (nausées, vomissement, fatigue, etc.).

Le tatouage fonce grâce à la mélanine

Pour accélérer le diagnostic, des chercheurs suisses ont eu l’idée de créer un tatouage biomédical. Cet implant est constitué de cellules vivantes qui produisent de la mélanine lorsqu’elles détectent une quantité de calcium trop importante, explique Science et Avenir. Résultat : le tatouage fonce. L’avantage étant qu’il peut détecter l’hypercalcémie des 5,6 mg/ dL de calcium dans le sang (quand les premiers symptômes, eux, ne surviennent en général qu’à partir de 10 mg/dL).

« La détection précoce augmente considérablement les chances de survie », explique dans un communiqué Martin Fussenegger, professeur au Département des sciences et de l’ingénierie des biosystèmes à l’ETH Zurich à Bâle ayant dirigé ces travaux.

Un implant à durée de vie limitée

A noter que la durée de vie de l’implant est limitée. Selon le Pr Fussenegger, les cellules du “tatouage” deviennent inopérantes au bout d’un an environ. Si les cellules modifiées de l’implant proviennent du porteur lui-même, elles devront à ce moment-là, être inactivées et remplacées. Si elles proviennent d’une autre personne que celle qui porte l’implant, elles devront même être retirées pour éviter les phénomènes de rejet.

Précisons également que ce tatouage biomédical est encore au stade de prototype. Il a été testé avec succès sur des souris et de la peau de porc. Mais il faudra certainement attendre encore une dizaine d’années avant d’espérer le voir arriver sur le marché.