Quand des Youtubeurs promeuvent la triche scolaire payante, YouTube frappe

Sur le web

Par Jules le

La semaine dernière, la chaîne britannique BBC publiait une enquête dévoilant que plus de 250 chaînes YouTube faisaient la promotion d’une entreprise ukrainienne spécialisée dans la triche scolaire. Face à la mise en lumière de ce type de publicité, YouTube a décidé de réagir.

Le week-end dernier a été particulièrement long pour de nombreux YouTubeurs à travers le monde. En effet, des centaines de vidéos ont été purement et simplement retirées de la plateforme. La raison ? Faire la promotion de la triche scolaire ne rentre pas dans les conditions d’utilisation de YouTube.

Between the Cheats

Le 1er mai dernier, la BBC a publié une enquête visant EduBirdie, un service ukrainien qui permet aux étudiants d’acheter des mémoires, essais et autres dissertations, au lieu de les rédiger eux-mêmes. Et ce dans n’importe quelle langue et, si l’on en croit le site de l’entreprise, « toujours en conformité avec les normes éducatives majeures, et avec la politique de votre université / lycée sur le plagiat. »

Pour se faire connaître des élèves à l’international, EduBirdie a eu la bonne idée de contacter des centaines de YouTubeurs et de les rémunérer pour qu’ils fassent la promotion du service dans leurs vidéos. Ainsi, de nombreux vidéastes conseillaient à tous ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête avec les devoirs et autres joyeusetés de l’étudiant moderne, de se tourner vers EduBirdie. La BBC a découvert que les vidéos qui contenaient une publicité pour le service cumulaient un total de plus de 700 millions de vues.

Bad Behavior

Comme le souffle la BBC, faire la promotion de ce service, tout comme vendre des devoirs pré-rédigés à des étudiants n’a rien d’illégal. Dans l’affaire, seul l’élève risque gros s’il se fait attraper par son université. De même YouTube a fait savoir que les vidéastes avaient parfaitement le droit d’insérer de la publicité rémunérée dans leurs vidéos (c’est même l’un des principaux intérêts de la plateforme).

Cela étant dit, YouTube a également tenu à rappeler que lesdites publicités devaient respecter les conditions d’utilisation du site. Ce qui n’est pas le cas de la promotion de la triche scolaire, sobrement baptisée « Aides académiques ». En effet, pour YouTube, les YouTubeurs ne font pas tant la promotion d’un service payant que d’un « comportement malhonnête », ce qui est contraire à ses règles.

Résultat, ce sont plusieurs centaines de vidéos qui ont été supprimées ce week-end. De son côté, Boosta, société-mère d’Edubirdie a fait savoir dans un communiqué diffusé par la BBC, qu’il se dédouanait de toute pratique malhonnête puisque l’entreprise a laissé « aux influenceurs une complète liberté d’action quant à la façon de présenter EduBirdie à leurs spectateurs, et de la manière qu’ils jugent la plus pertinente. »

Source: BBC