Avec Minecraft désormais cross-plateforme sur Xbox et Switch, Nintendo et Microsoft s’allient contre Sony

Jeux-Video

Par Mathieu le

Sony est-il en train de se tirer une balle dans le pied ? À force de toujours vouloir faire la course en tête seul , le constructeur japonais risque de finir par avoir plus d’ennemis que d’alliés. Depuis l’E3 de la semaine dernière et la sortie de Fortnite sur Switch, la firme se met à dos des milliers de joueurs. La raison ? Sony interdit d’utiliser les comptes du Battle Royale associé au PSN sur la console de Nintendo. Et dans l’histoire, c’est bien Microsoft qui est plus malin que tout le monde.

Meilleurs ensemble

« Lorsque j’étais chez Sony, la raison invoquée en interne était l’argent. Ils n’aimaient pas l’idée que quelqu’un achète du contenu sur Xbox, et qu’il puisse être utilisé sur PlayStation. C’est une raison triviale aussi simple que ça » affirme John Smedley, l’ancien patron de DayBreak Games. Sauf que l’argent est une chose et la popularité une autre. Et avec Minecraft, Nintendo et Microsoft se sont montrés bien plus intelligents que Sony.

Le célèbre bac à sable cubique se dote aujourd’hui d’une mise à jour nommée « Better Together » (‘Meilleurs ensemble’). Cette dernière offre la possibilité de jouer sur les mêmes serveurs entre possesseurs de Switch et de Xbox One, mais aussi de Windows 10 et autres appareils mobiles. En résumé, l’ensemble des appareils pouvait faire tourner Minecraft ont la possibilité de jouer ensemble à l’exception faite de… la PlayStation. Alors certes, derrière cette campagne publicitaire déguisée en beau message de camaraderie se cache un accord marketing certainement juteux, mais les faits sont indéniables : Sony se retrouve un peu seul dans son coin. On pourrait même oser parler de vilain petit canard.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le constructeur japonais ne souhaite toujours pas vraiment communiquer sur ce refus de « partage » d’expérience sur plusieurs titres phares que sont Fortnite, Rocket League et donc Minecraft. Les seuls arguments avancés évoquent « la grande communauté PlayStation de plus de 80 millions d’utilisateurs actifs chaque mois ». En bref, le souhait de rester entre eux et de ne pas voir de joueurs Xbox One et Switch s’immiscer dans le groupe. Une stratégie qui, à terme, pourrait leur coûter plus cher que prévu.