Si Sony ne veut pas de cross-platforme console, c’est avant tout pour l’argent

Jeux-Video

Par Jules le

À l’aune du récent blocage des comptes Fortnite associés au PSN par Sony sur d’autres consoles, John Smedley, ancien patron du studio DayBreak (H1Z1, Planetside 2) connu jusqu’en 2015 comme Sony Online Entertainment, est revenu sur la politique cross-platforme de l’éditeur japonais. Et comme toujours, il est question d’argent.  

La semaine dernière, Nintendo lâchait enfin les utilisateurs Switch au sein de l’arène Battle Royale de Fortnite. Malheureusement pour les joueurs qui dosaient le titre d’Epic Games sur PS4, la déconfiture a été sévère lorsqu’ils ont découvert que Sony ne les autorisait pas à utiliser leur compte sur la console hybride de Nintendo.

En toute logique, les joueurs ont sorti fourches, torches et autres objets contondants pour aller faire part à Sony de ce qu’ils pensaient de sa politique de cross-platforme. Ce qui, après deux jours de grogne, leur a valu une réponse laconique de la part du principal intéressé qui pourrait se résumer comme suit : “Ok lol, calmez-vous les nerds, on fait ce qu’on veut et on est déjà cool de vous laisser jouer avec les joueurs PC et mobiles. “

Aucune surprise

Ce choix d’une politique de cross-platforme à géométrie variable, qui ne s’applique pas aux consoles de la concurrence n’est pas surprenant pour John Smedley. L’ancien patron de DayBreak Games avance d’ailleurs sur Twitter que la principale raison d’un tel blocage est financière.

“Lorsque j’étais chez Sony, la raison invoquée en interne était l’argent. Ils n’aimaient pas l’idée que quelqu’un achète du contenu sur Xbox, et qu’il puisse être utilisé sur PlayStation. C’est une raison triviale aussi simple que ça.”

Il faut donc croire que Sony a en horreur l’idée que, dans le cas de Fortnite par exemple, un joueur puisse acheter une skin sur Xbox, et ainsi permettre à Microsoft de toucher 30% de commission, puis l’utiliser sur PS4 dans le cadre du cross-platforme.

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une polémique émerge autour de la réticence de Sony au cross-platform console. L’année dernière, à la même période, les joueurs de Rocket League et Minecraft pestaient contre le constructeur japonais, car il refusait de mettre le cross-platform entre la PS4 et la Switch. Interrogé par Eurogamer, Jim Ryan, responsable marketing de PlayStation, s’était fendu d’un communiqué aussi vide que de mauvaise fois, assurant que des “discussions commerciales étaient en cours”.

De son côté, John Smedley espère que la communauté de joueurs continuera de maintenir la pression vis-à-vis de Sony, dans l’espoir de voir un changement de politique. Malheureusement, comme le soulignaient nos confrères de Gamekult, le cross-platforme n’a que peu d’influence sur l’achat d’une console ou d’un titre. La polémique risque donc de s’essouffler avant que Sony daigne changer les choses.