Android : Google à l’heure des changements pour s’assurer un avenir européen ?

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Par Elodie le

Le géant californien attend la sentence de la Commission européenne concernant les accusations de position dominante visant son système d’exploitation mobile, Android. Une sanction qui pourrait flirter avec les milliards d’euros et contraindre Google à opérer des changements importants sur l’OS leader dans le monde.

 

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Donald Trump ne jouera pas les oiseaux de mauvais augure, du moins pas lors de sa visite à Bruxelles. La Commission européenne a décidé de surseoir à sa décision concernant l’issue de son enquête pour abus de position dominante à l’encontre de Google et son système d’exploitation mobile, Android.

Initialement prévue le 9 juillet, la réunion de l’exécutif européen avec les autorités nationales de la concurrence au sein de l’Union européenne a été déplacée au 17 juillet prochain. La Commission européenne ayant pour habitude de publier ses décisions le mercredi, après ces réunions hebdomadaires, la sentence pourrait tomber dès le lendemain.

Vers une nouvelle amende record ?

Le montant de la sanction risque de flirter avec les 11 milliards d’euros, soit 10% du chiffre d’affaires d’Alphabet, la maison mère de Google. Ce serait la deuxième amende pour Google, déjà sanctionné d’une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la recherche avec Google Shopping.

Leader incontesté dans le monde, Android équipe 80% des téléphones en Europe. Toutefois, ce n’est pas ce qui inquiète la commissaire à la Concurrence européenne Margrethe Vestager : « Le système d’exploitation Android ne nous pose aucun problème. Mais nous soupçonnons que Google l’ait utilisé pour avoir une position dominante sur les plateformes mobiles. C’est un cas de position dominante sur les moteurs de recherche ».

Ententes illicites

En effet, dans sa communication de grief transmise fin 2015, Bruxelles accuse Mountain View de manœuvrer pour contraindre les constructeurs à préinstaller les services et applications Google, comme YouTube, Maps ou Chrome sur les smartphones Android grâce à des incitations financières et accords de licence litigieux.

Un autre moyen de régner en maître sur la recherche et s’assurer de confortables revenus publicitaires : la publicité en ligne (dont mobile) procure à Google la quasi-totalité de ses recettes, à l’instar de Facebook. A eux deux, ces géants du web captent l’essentiel des investissements publicitaires dans le monde.

Régner sur la publicité en ligne

« Si nos soupçons sont confirmés, alors ce comportement dure depuis un certain temps et, au moment où les gens intégraient de plus en plus le mobile dans leur habitude de recherche, Google aurait utilisé Android pour rester dominant sur le marché des moteurs de recherche », explique la commissaire.

Google a toujours fermement nié ces accusations assurant qu’Android, en plus d’être open source, « n’a pas nui à la concurrence, mais l’a au contraire favorisée ». Le géant californien en profite au passage pour tacler ses « concurrents » Apple et Microsoft, pourtant très loin en termes de parts de marché avec iOS et Windows Phone. Par ailleurs, Apple fabrique lui-même ses appareils.

Quels changements pour Android ?

Reste à savoir à quelle sauce Google va être mangé. D’après Bloomberg, « L’impact le plus durable pourrait être un différend sur la façon dont Google devrait répondre aux préoccupations concernant son système d’exploitation mobile Android. »

L’autorité de la concurrence européenne pourrait interdire à Google de conclure de tels accords de licence pour permettre aux fabricants de smartphones de proposer des alternatives aux différents services de Google. Les consommateurs pourraient ainsi plus facilement en changer de moteur de recherche ou service de cartographie.

Une perspective qui doit donner des sueurs froides à l’américain. Renoncer à ces fructueux accords, c’est se couper de millions de données personnelles d’internautes et mobinautes, et autant de revenus publicitaires. Google devrait alors repenser totalement, du moins en grande partie, son écosystème Android.

L’enquête de la Commission fait suite à une plainte du groupe FairSearch. Le lobby soutenu par de nombreuses entreprises technologiques (Nokia, Oracle, Tripadvisor, Twenga, Allegro, Expedia, CusCapé, Foundem, adMarketplace), dont Microsoft qui l’a quitté fin 2015, dénonçait les pratiques anti-concurrentielles et abusives du géant de la recherche en ligne.