La chronologie des médias, ça ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais tous les spectateurs de films français la connaissent bien. C’est elle qui, aujourd’hui, oblige les plateformes de SVOD à attendre au moins 36 mois pour avoir le droit de la diffuser sur son service. C’est aussi elle qui oblige les chaînes de télévision à attendre 22 mois pour diffuser un film « récent ». Un cadre qui a été établi en 2009 et qui, de l’aveu même de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, « est aujourd’hui déconnecté des usages et inadapté au nouvel enjeu du financement de la création ». C’est un euphémisme.
L’accord actuel sur la chronologie des médias, qui date d’il y a 10 ans, est aujourd’hui déconnecté des usages et inadapté au nouvel enjeu du financement de la création. J’ai décidé d’y remédier. Aujourd'hui, clôture des discussions engagées depuis plusieurs mois avec le secteur. pic.twitter.com/8ivs4N2KEf
— Francoise Nyssen (@FrancoiseNyssen) September 3, 2018
Depuis quelques semaines toutefois, un nouvel accord sur la chronologie des médias est en cours de discussion. Il devrait être signé aujourd’hui et quelques acteurs de cet accord ont commencé à divulguer ce que contiendra cette nouvelle chronologie des médias. Voici ce qui est prévu :
Face à l’urgence de la diversité numérique, la politique des petits pas ? A chacun de juger si cette nouvelle chronologie est à la hauteur des défis d’aujourd’hui et surtout d’après-demain. pic.twitter.com/X507FFYaNq
— Jérôme Soulet (@soulet_jerome) September 3, 2018
Vous ne comprenez pas grand-chose et tout cela vous semble particulièrement obscur ? C’est normal, cet accord a dû prendre en compte les désidératas de chacun des acteurs français. Heureusement pour nous, le compte Twitter Films de Lover a épluché les diapositives de Jérôme Soulet et en a sorti une infographie beaucoup plus claire, qui ne concerne toutefois que les débouchés pour la SVOD.
Dans le projet de la chronologie des médias peut-être approuvé jeudi (partagé par @soulet_jerome, merci à lui), il y a 6 (six, seis, sechs, sei, zes) fenêtres dédiées à la #SVOD : 15, 17, 28, 30, 35 et 36 mois après la sortie ciné. J'ai fait un petit diagramme pour l'expliquer : pic.twitter.com/vbbOA3paQc
— Frédéric (Now on [email protected]) (@FilmsdeLover) September 4, 2018
Cliquez ici pour voir l’infographie en grand format.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la sacro-sainte fenêtre d’attente de 36 mois pourrait être considérablement réduite pour la SVOD. Ainsi, suivant que la plateforme de SVOD suive certaines contraintes, un film sorti en 2018 pourrait sortir en SVOD entre 15 et 36 mois après sa sortie.
Des temps d’attente réduits, oui mais…
Ces contraintes sont toutefois très nombreuses et favorisent très clairement les plateformes de SVOD françaises. Le délai de diffusion sur les films récents sur les plateformes de SVOD ne pourra ainsi être réduit uniquement si la plateforme s’acquitte de ses taxes au fonds de soutien du CNC, accepte de proposer une majorité de contenus européens, de payer une taxe par abonnés de 3,5 euros par mois ou encore de conclure une convention avec le CSA.
Autant de contraintes que Netflix ou Amazon, pour ne citer qu’eux, ne devraient pas suivre. Des contraintes qui sembleront toutefois relativement douces à Canal+ ou OCS, qui respectent déjà la plupart de ces règles. Bref, une chronologie des médias un peu plus souple pour les acteurs français, mais qui ne prennent toujours pas – ou si peu – en compte les habitudes et demandes des utilisateurs. Comprenez, ce n’est pas demain ou dans un an que vous verrez le dernier Avenger sur Netflix.
