Le mystère des icebergs verts enfin résolu

Science

Par Amandine Jonniaux le

Spoiler alert, les aliens n’ont rien à voir là-dedans.

Crédit : AGU/Journal of Geophysical Research: Oceans/Kipfstuhl et al 1992.

Mis en lumière pour la première fois en 1988 par le glaciologue américain Stephen Warren, ces étranges amas de glace verdâtres découverts aux abords de la Barrière d’Amery dans Antarctique étaient jusqu’à présent restés une énigme. Mais aujourd’hui, et après plus de trente ans de mystère, la communauté scientifique semble avoir enfin percé le secret des icebergs verts.

Plus fort que les épinards

En découvrant pour la première fois ces énigmatiques glaciers verts, Stephen Warren explique : « La glace n’avait pas de bulles. Il était évident qu’il ne s’agissait pas de glace ordinaire provenant d’un glacier ». En analysant les échantillons récoltés sur place, le glaciologue a ensuite réalisé que l’eau constituant les glaciers verts était principalement composée d’eau de mer, et non d’eau douce issue de neige fondue, comme c’est généralement le cas.

« On a toujours cru que les icebergs verts n’étaient qu’une curiosité exotique, mais nous pensons désormais qu’ils pourraient en fait se révéler importants » – Stephen Warren, glaciologue

Le glaciologue penche donc vers l’hypothèse d’une glace à l’eau de mer, rendue verte à cause des impuretés qui parsèment les fonds arctiques. Si les fans de Kingdom Hearts apprécieront la référence, l’idée tombe finalement à l’eau, quand des années plus tard, une océanographe de l’université de Tasmanie découvre dans les échantillons de ce même glacier, une concentration en fer 500 fois plus importante que la normale. Ces fines particules d’oxydes de fer orangées provenant des sols rocheux du continent et additionnées à l’eau du glacier lui donnent sa couleur verte. En plus d’arborer une couleur originale, ces blocs de glace géants joueraient ainsi le rôle de distributeurs de nutriments pour la faune et la flore environnante.

Source: AGU 100