Facebook fait lire vos publications à ses employés… Mais c’est pour entraîner son IA

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Par Amandine Jonniaux le

Le réseau social au logo bleu emploierait des salariés pour surveiller les posts, potentiellement privés de ses utilisateurs, dans le but d’améliorer l’efficacité de son intelligence artificielle.

Crédits Gerd Altmann via Pixabay CC

Encore une affaire où Mark Zuckerberg flirte avec les limites de la vie privée de ses utilisateurs. Selon un récent rapport publié par  Reuters, le réseau social — et par extension, les autres satellites de l’empire Facebook, comme Instagram par exemple- surveillerait les posts publics, mais aussi privés de ses utilisateurs, dans le but d’entraîner et d’améliorer son intelligence artificielle.

5 dimensions pour mieux nous surveiller

Selon le rapport de Reuters, les publications surveillées par les employés de Facebook seraient analysées selon cinq critères différents : le type de contenu (chaton, paysage, selfie, dessin…), les sentiments liés au contenu en question (opinion, souvenirs…) ou le but du post (faire rire, planifier un événement…) entreraient ainsi en compte dans l’algorithme de la plateforme pour classer et analyser les différents posts. Une surveillance qui n’est pas sans rappeler celle récemment pointée du doigt par les utilisateurs d’Amazon Alexa, qui utiliserait les enregistrements vocaux de ses clients pour perfectionner son intelligence artificielle.

Tout comme Amazon, Facebook emploierait ainsi près de 260 salariés en Inde pour surveiller et annoter les posts des internautes. Un projet mis en place depuis 2014 en partenariat avec Wipro, et qui aurait uniquement pour but d’entraîner l’algorithme de la plateforme à mieux comprendre les humains, et notamment les expressions et subtilités langagières adoptées dans nos conversations en ligne.

Il est où le problème ?

Encore une fois, la question de la déontologie face à de telles pratiques peut se poser. Dans une société de plus en plus connectée, nous attendons évidemment d’un algorithme ou d’une intelligence artificielle qu’elle agisse de manière naturelle, de sorte à se rapprocher d’une interaction humaine, et d’être toujours plus pertinente. En soi, l’utilisation de nos publications à des fins de recherches n’est pas un drame. Ce qui est bien plus problématique en revanche, c’est que ces données, potentiellement privées, soient utilisées de manière non anonymisée par les employés de Facebook. De plus, si Mark Zuckerberg met actuellement un point d’honneur à parler transparence et vie privée sur Internet, on ne peut pas dire qu’il y ait eu beaucoup de communication autour de ce projet.

Source: Reuters