Le « trouble du jeu vidéo » est désormais reconnu par l’OMS

Jeux Vidéo

Par Henri le

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de reconnaître l’addiction au jeu vidéo comme un trouble à part entière… Au grand dam de certains acteurs du secteur.

L’OMS vient de valider une proposition déposée en janvier 2018 afin de reconnaître l’addiction au jeu vidéo comme un trouble à part entière. Les états membres réunis à Genève (Suisse) ont en effet entériné cette dernière, qui a intégré la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). Elle entrera en vigueur dès le 1er janvier 2022.

L’organisation décrit ce trouble comme « un comportement (…) qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ».

Bien évidemment, il est précisé que ce trouble touche une partie minime des joueurs. Et heureusement vu le nombre de personnes aujourd’hui concernées. Le temps alloué à la pratique, mais également différents signes d’exclusions sociales sont notamment utilisés pour définir s’il y a un trouble.

Le jeu vidéo étant une industrie encore jeune, il parait normal que les autorités sanitaires aient mis du temps à se pencher dessus. Mais le développement rapide du jeu sur mobile ou les progrès spectaculaires de la réalité virtuelle ont pu mettre encore plus en lumière certaines dérives (même si ce dernier profite à de nombreux secteurs scientifiques et technologiques).

« Des études suggèrent que les troubles du jeu n’affectent que très peu de personnes qui participent à des jeux numériques ou à des jeux vidéo. Cependant, les personnes qui participent aux jeux doivent être attentives au temps qu’elles consacrent aux activités de jeu, en particulier en ce qui concerne l’exclusion des autres activités quotidiennes. L’ICD-11 a été mise à jour pour le 21e siècle et reflète les progrès de la science et de la médecine. »

Une décision à laquelle les industriels du jeu vidéo n’ont pas tardé à réagir via un communiqué, en soulignant le manque de preuves, de transparence et de cas pratiques.

“Le « trouble du jeu vidéo » n’est pas basé sur des preuves suffisamment solides pour justifier son inclusion dans l’un des plus importants outils d’établissement de normes de l’OMS.”

De nombreux scientifiques estiment que cette classification a été réalisée trop rapidement, et peut mener à une mauvaise prise en charge des soins.