« Heat Burst » : quand la canicule génère des orages sans pluie

Science

Par Antoine le

Cela n’a échappé à personne : la France traverse en ce moment un épisode de canicule sévère, le deuxième en l’espace de quelques semaines. Mais dans la soirée du 23 juillet, c’est un phénomène météorologique rare, lié aux fortes chaleurs, qui a touché l’Orne, d’après France Info.

Lorsque le mercure atteint des records, on peut avoir l’occasion d’assister à ce qu’on appelle un “orage de chaleur”, ou “coup de de chaleur” (“heat burst” en anglais). C’est un orage un peu particulier, puisque même si vous vous trouvez sous le nuage au moment de la précipitation, vous ne serez pas mouillé ! Et pour cause : lors de ces orages de chaleur, l’eau n’atteint même pas le sol et provoque une brusque hausse locale de la température. Le phénomène a été particulièrement marqué à Alençon, dans l’Orne. Les riverains ont pu sentir la température grimper de 26,5°C à 23h18 à 32°C une petite demi-heure plus tard.

La faute est à imputer à l’évaporation de la pluie, qui vient se heurter à une couche d’air particulièrement chaude et sèche au niveau du sol. L’air, lui, poursuit sa chute mais se réchauffe grandement pendant ce temps, en subissant un phénomène nommé compression adiabatique. Il s’agit du phénomène opposé à la détente adiabatique, qui est lui au cœur de la formation des précipitations.

Une hausse forte et soudaine de la température

Cela signifie que cette masse d’air va descendre, rapidement, sans échanger de la chaleur avec le milieu environnant, et par conséquent, qu’il restera à une température élevée. Cela a une conséquence très concrète : une fois parvenu au sol, il provoque une “hausse forte et soudaine de la température”, comme le précise François Gourand, prévisionniste à Météo France, à France Info.

Ce dernier insiste également sur la rareté du phénomène : s’il est courant dans les grandes plaines d’Amérique du Nord, le météorologue indique qu’en France, on peut passer “des années, voire des décennies sans rencontrer ce phénomène”. Un constat qui témoigne bien du caractère extraordinaire des vagues de chaleur que nous subissons… et qui devraient continuer de plus belle dans les années à venir, potentiellement jusqu’à devenir la norme si aucun plan d’action radical n’est mis en place.