Netflix imagine un contrat de co-visionnage qu’il faudrait faire signer à tout le monde

Cinéma

Par Antoine le

Netflix a imaginé un petit contrat humoristique, destiné à pacifier la soirée lorsque les deux côtés du divan ont des intérêts divergents.

Aujourd’hui, visionner ses films et surtout ses séries à plusieurs implique tout un tas de contraintes logistiques. Pas question, par exemple, de prendre de l’avance sur vos partenaires de binge-watching. Interdiction absolue, également, de passer dix minutes sur Instagram et de demander un retour en arrière pour rattraper son retard, aux dépens de ceux qui ont gardé les yeux sur l’écran. Et pourtant, toutes ces mesures de bon sens sont trop souvent bafouées, générant ainsi frustration, animosité, exaspération, et autres réactions excessives pouvant aller jusqu’au meurtre au premier degré.

« Il a fait quoi, là ? J’ai pas vu, je répondais à un truc, tu peux revenir en arrière ? »

Si cette phrase exaspérante vous est familière, c’est à vous que Netflix a pensé avec son “co-watching contract”. Ce petit bout de papier devrait permettre à ceux qui n’en peuvent plus de ces mufleries d’y mettre fin avec un document “officiel” !

© Netflix

Le contrat, qui doit être passé entre deux spectateurs, est relativement simple. Il stipule que les signataires s’engagent à :

  • Ne pas s’endormir
  • Ne pas se laisser distraire par son téléphone, forçant ainsi l’autre personne à rembobiner
  • Ne pas continuer à regarder une série ou un film sans l’accord de l’autre
  • Ne pas parler pendant le visionnage
  • Ne pas faire mention des éventuels spoilers aux autres personnes

Si vous reconnaissez les mauvaises habitudes votre partenaire dans cette liste, il est peut-être temps d’imprimer ce contrat et d’en exiger la signature, sous peine de visionnages séparés ! Netflix ne précise pas ce qui arrive en cas de rupture du contrat, mais on sait déjà que cela a des chances de finir par une prise de bec en bonne et due forme.

La mutation des habitudes de visionnage

Qu’il est loin, le temps où la seule façon concevable de voir un film était d’aller s’asseoir en silence dans une salle de cinéma, où chaque film était un événement et où un siège coûtait une petite fortune. Aujourd’hui, le streaming a radicalement bouleversé le paysage audiovisuel, et par conséquent les habitudes de consommation. Alors que les sollicitations et les sources de distraction fleurissent autour de nous, les films et série télévisés ont changé de place : ils sont passés du statut d’œuvre d’art devant laquelle on observe un respect quasi-religieux à celui de passe-temps parmi d’autres. A tel point qu’aujourd’hui, environ 45% des américains utiliseraient un second appareil (téléphone ou tablette) lorsqu’ils regardent la télévision.

Ce contrat est donc évidemment un gag, mais il n’est pas dénué de symbolique. Il reflète la façon dont notre rapport au visionnage a changé, parfois au point d’en oublier qu’une série ou un film devrait mériter notre attention sur toute sa durée. On peut donc interpréter ce trait d’humour de Netflix comme un appel à refaire du visionnage, surtout à plusieurs, un divertissement à part entière, totalement capable de se suffire à lui-même. Morale de l’histoire : contrat ou pas contrat, le visionnage des autres se respecte également !