Une start-up utilisait des humains pour créer des applications soi-disant développées par une IA

Développer une application à 80% en une heure grâce à l’IA, c’est la belle promesse que faisait Engineer.ai aux clients et aux investisseurs. Mais selon le Wall Street Journal, ce sont bien des humains en chair et en os qui faisaient le gros du boulot.

L’intelligence artificielle intéresse beaucoup les investisseurs à la recherche de projets innovants. Et la start-up indienne Engineer.ai semble l’avoir compris. La société affirmait avoir crée une IA « assistée par l’humain » capable de développer en 1 heure, 80% d’une application mobile. Seulement voilà : comme le révèlent The Wall Street Journal, relayé par The Verge, tout ceci serait en réalité… très exagéré !

Le WSJ révèle en effet que la statup n’utilise pas l’IA pour élaborer le code mais bien des ingénieurs en chair et en os, basés en Inde ou dans d’autres pays. Priée de s’expliquer plus en détail sur le sujet, Engineer.ai a indiqué qu’elle utilisait des techniques de traitement du langage naturel pour estimer la tarification et le délai à prévoir en fonction des fonctionnalités demandées par le client et qu’elle s’appuyait sur un « arbre de décision » pour assigner les taches aux ingénieurs. L’IA ne se chargerait donc pas à proprement parler de compiler le code.

Bien sûr, développer une plateforme telle que celle imaginée par Engineer.ai peut prendre du temps. Mais un peu de transparence sur l’avancement réel de la start-up aurait sans doute été préférable. L’an dernier, Robert Holdheim, le directeur des affaires commerciales de la société avait d’ailleurs attaqué celle-ci en justice au motif qu’elle exagérait, selon lui, les capacités de son IA pour obtenir les fonds dont elle avait besoin pour faire marcher sa technologie. Selon lui, le fondateur « disait aux investisseurs que Engineer.ai avait réalisé 80% du développement du produit quand en réalité, la société avait à peine commencé ».

Engineer.ai n’est cependant sans doute pas la seule société a recourir à ce procédé : le fond d’investissement MMC Ventures a confié au WSJ suspecter que 40% des sociétés affichant un composant « IA » dans leur présentation n’utilisent en réalité pas de réelle forme d’IA.