Le litre d’essence a dépassé les deux euros en moyenne, sur un fond de conflit entre l’Iran et les États-Unis qui fait flamber les prix du baril de pétrole. Pour des millions de Françaises et de Français qui se rendent au travail chaque jour en voiture, l’addition est devenue douloureuse. Pour les employeur qui remboursent les frais kilométriques et paient les pleins des véhicules de service, la facture est elle aussi, de plus en plus salée. Le gouvernement a donc sorti un outil familier de son arsenal : le télétravail.
La circulaire Amiel veut du télétravail, tout de suite
Le 5 mai 2026, le ministre de l’Action et des Comptes publics a adressé à l’ensemble des ministres une circulaire demandant d’adapter « les modalités de travail et de déplacements professionnels des agents de l’État » face à la hausse du coût des carburants. Le texte entend « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables » en augmentant le recours au télétravail dès que cela est possible.
Concrètement, les administrations sont invitées à examiner des « possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail », en priorité pour les agents dont le domicile est éloigné et qui ne disposent d’aucune alternative en transport en commun. Le plafond légal reste inchangé : douze jours de télétravail par mois maximum pour un agent à temps plein. La circulaire impose aussi une nouvelle règle par défaut pour les réunions, formations, séminaires, jurys et groupes de travail, qui devront systématiquement avoir recours à la visioconférence. Les déplacements physiques ne sont désormais autorisés que pour « les seules missions qui ne peuvent être ni différées ni assurées à distance et qui conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ».
50 euros pour les autres, et une date à retenir
Tout le monde ne peut pas télétravailler. Pour les agents contraints de se déplacer, un dispositif d’aide directe a été activé par décret le 30 avril 2026, avec une indemnité carburant de 50 €, destinée aux « travailleurs modestes grands rouleurs », c’est-à-dire ceux qui utilisent un véhicule thermique personnel à des fins professionnelles, sous conditions de ressources et de kilométrage. Selon les chiffres du gouvernement, environ trois millions de Français sont éligibles à cette aide, qui représente une réduction équivalente à environ 20 centimes par litre sur une consommation moyenne de trois mois. Une compensation qui n’est pas assez chère payée, estiment les syndicats.
La circulaire d’Amiel précise qu’elle a « vocation à demeurer en vigueur tant que le niveau des prix des carburants le justifiera ». Une formulation qui laisse peu de doutes sur le caractère temporaire de la mesure, entièrement dépendante d’une situation géopolitique que la France ne maîtrise pas. Si le Brent repassait sous les 80 dollars, les administrations se reverraient très probablement rappeler leurs agents au bureau avec la même célérité qu’elles les en ont éloignés.
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