Huawei pourrait utiliser l’OS russe Aurora une fois privé d’Android

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Par Antoine le

Huawei pourrait utiliser l’OS russe Aurora une fois le bannissement d’Android pleinement effectif, d’après Forbes.

Nouvel épisode dans le feuilleton Trump vs Huawei. Dans le cadre de la guerre commerciale qui les oppose, Huawei risque de se retrouver privé d’Android et doit improviser. L’entreprise chinoise a développé et annoncé son nouveau système d’exploitation multi-plateformes HarmonyOS, mais il ne s’agit pas d’un remplacement à Android et d’autres pistes seraient explorées. Selon Reuters, le groupe serait en discussion avec l’éditeur russe des OS Aurora.

Ce dernier appartient au groupe de télécoms Rostelecom, qui dépend directement des autorités russes. Actuellement, Huawei et le gouvernement discuteraient de la mise en place d’un programme-pilote commun : le groupe chinois va équiper 360.000 de ses tablettes du système d’exploitation Aurora pour conduire le recensement de la population en 2020. Reuters confirme qu’il s‘agit d’une “première étape” dans le lancement de l’OS russe sur les appareils Huawei.En juin dernier, un rapport relayé par Forbes suggérait déjà qu’Huawei et la Russie pourraient se lancer dans “la production conjointe de puces et de solutions logicielles ».

Deux lectures de la situation sont possibles. On peut imaginer qu’Huawei, qui ne dispose toujours pas d’une solution définitive pour remplacer Android à l’approche de la deadline, commence à se retrouver sous pression. Huawei pourrait donc chercher des alternatives à tout prix pour négocier ce virage le mieux possible et ne pas sombrer. Mais cela pourrait également être une manière de se montrer imperméable aux sanctions américaines, tout en agitant le drapeau du rapprochement russo-chinois comme une menace géopolitique.

Au loin, le spectre d’un “bloc de l’Est” technologique ?

Pas sûr que ce soit l’issue rêvée par Donald Trump lorsqu’il a commencé à tordre le bras d’Huawei. Déterminé à mener une guerre économique à la Chine, le président américain s’est en partie servi du constructeur comme levier pour tenter de frapper le pays au porte-monnaie. En retour, c’est un vrai pied de nez que lui adresse le constructeur en allant s’associer à un opposants historique. Qui plus est sur un terrain stratégique comme le recensement, ce qui témoigne probablement d’une coopération assez étroite à de nombreux niveaux, comme le confirme Rostelecom à Reuters :

De nombreuses options de collaboration avec Huawei sont sur la table, avec la participation du Ministère des Communications. Nous ne divulguons aucun détail pour l’instant, il y a une clause de confidentialité.

Le message est clair de la part des chinois : si Trump souhaite leur forcer la main et refuse de travailler avec eux, ils n’auront pas de scrupules à coopérer avec un pays aux intérêts divergents. Reste à voir si l’administration américaine s’en satisfera, et si elle est prête à risquer une forme de “Bloc de l’Est technologique” de l’autre côté du globe. Il sera intéressant de voir comment cette coopération évoluera à l’avenir, une fois le bannissement d’Android effectif sur tous les appareils Huawei. On guettera également avec attention une éventuelle réaction des autorités fédérales américaines.

Source: Forbes