Vapotage : même de petites doses peuvent déclencher des inflammations

Science

Par Felix Gouty le

Vapoter n’est pas sans danger : une nouvelle étude prouve que cela entraîne une inflammation des bronches, même à petite dose.

Si vapoter peut être considéré comme une alternative aux vraies cigarettes, l’acte n’est pas sans danger pour les non-fumeurs qui envisageraient de sauter lepas. Les résultats préliminaires d’une étude menée par une équipe de chercheurs de l’université d’Ohio, aux États-Unis, le confirment dans une publication au sein de la revue Cancer Prevention Research. Pour obtenir pareilles conclusions, Peter G. Shields et ses collègues ont donné des vapoteuses – sans nicotine ni goût particulier – à trente volontaires en bonne santé et n’ayant jamais fumé quoi que ce soit au préalable. Les appareils délivrés ne fonctionnaient qu’avec une dose de glycérine végétale et de propylène glycol (deux ingrédients principaux d’une vapoteuse) 50% inférieures à la normale. Un mois plus tard, ils ont réalisé sur chaque cobaye une bronchoscopie. Les bronches des volontaires ayant vapoté le plus présentaient de claires marques d’inflammation – première étape vers le développement éventuel d’un cancer.

« Ce qu’implique les résultats de notre étude, explique Peter Shields, c’est que le vapotage à long-terme, plusieurs fois par jour, et l’ajout de parfums et de nicotine peuvent induire un taux d’inflammation supplémentaire ». L’industrie du tabac et même de la cigarette électronique « change plus vite que la science ne peut le comprendre », ajoute le chercheur sur EurekAlert. En effet, en réponse à ce marché en constante évolution, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont récemment donné un nom à la pathologie développée par les fumeurs d’e-cigarettes – « E-cigarette or Vaping product use-Associated Lung Injury » ou EVALI – dans l’espoir qu’elle soit mieux comprise et traitée par les cliniciens. Une prise de position qui manque encore à la France, qui d’après Santé Magazine élabore actuellement un « dispositif de signalement en cas de pneumopathies sévères » pour les vapoteurs.