Une étude montre que notre cerveau ne se repose jamais

Science

Par Felix Gouty le

Une nouvelle étude sur l’activité neuronale de notre cerveau confirme que celui-ci ne se repose jamais, même durant notre sommeil le plus profond.

Après plusieurs heures de sommeil, le cerveau humain entre dans ce que les neuroscientifiques appellent le « sommeil lent profond ». Il précède la phase de sommeil paradoxal (ou de sommeil REM, dit à « rapid-eye movement ») où le cerveau se réveille et nous permet de rêver. En réalité, une partie des neurones qui peuplent ce dernier sont déjà actifs, même pendant le sommeil profond. Une nouvelle étude mise en œuvre par des chercheurs du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie du Collège de France et publiée dans la prestigieuse revue Science infirme ainsi ce que la science pensait de l’effet du sommeil profond sur le cerveau. Au cours du sommeil lent profond, le cortex cérébral émet des « ondes delta » à des fréquences si basses – entre 0,1 et 4 Hz – qu’elles n’étaient jusque là pas considérées comme de l’activité neuronale.

Les chercheurs du Collège de France affirment qu’au contraire elles permettraient à des « assemblées » de neurones de s’activer dans un environnement plus calme. De plus, les groupes de neurones concernés s’activeraient après une période de forte activité de l’hippocampe, responsable de la mémoire et des souvenirs sauvegardés jour après jour. Autrement dit, cette activation « calme » des neurones pendant le sommeil profond serait à l’origine de la formation de nos souvenirs sauvegardés durant la journée. En effet, les mêmes séquences d’échanges de signaux électriques (ou circuits corticaux) au sein des mêmes groupes de neurones, se reproduiraient durant cette période. Pour prouver leurs trouvailles, les chercheurs ont testé l’impact d’ondes delta artificielles, issues d’un test spatial préalable, sur des rats durant leur sommeil. Le lendemain, les rats testés ont tous réussi leur test spatial, démontrant la bonne stabilisation de leurs souvenirs par les ondes delta. « Ces résultats engendrent ainsi une profonde révision de notre compréhension du cortex », déclarent les chercheurs dans un communiqué de presse du CNRS.