Terminator : retour sur une saga culte

Terminator Dark Fate arrive en salle demain. L’occasion de se replonger dans la saga culte


Tout commence en 2029… Ou en 1984, selon où vous vous placez. Oui parce que si vous êtes humain·e, pour vous ça commence en plein milieu des années 80, à une époque où George Michael est une icône masculine et la nouvelle idole des jeunes et où porter du jaune fluo ne sert pas qu’à revendiquer une certaine liberté de façade dans les rues des grandes villes. Par contre, si vous êtes un bot qui lit cet article dans le but d’en tirer des mots-clés, cette histoire débute vraiment pour vous en 2029, à une époque à laquelle Google…. pardon, Skynet, votre père spirituel, domine le monde et utilise les rares survivants humains comme tapis de sol. Bienvenu dans l’univers de Terminator !

Sarah Connor ?

Nous allons partir du postulat qu’à défaut d’avoir vu les deux films (vous avez vu comme je ne dis pas « les deux premiers films » ? C’est voulu, et on va y revenir), vous savez au moins à peu près de quoi nous voulons parler.
Dans cette -bientôt- trilogie, nous suivons la jeune (puis moins jeune, puis carrément vieille) Sarah Connor, une nana qui ne demande qu’à servir des frites et à rencontrer un mec gentil, alors qu’elle est subitement poursuivie par une machine à tuer déguisée en Monsieur Univers (pire déguisement de tous les temps, si vous voulez mon avis). Tout ça parce qu’elle serait la mère du futur chef de la rébellion humaine face à Amazon, pardon, face à Skynet, une intelligence artificielle qui a vite compris que l’humain était inutile et nocif.

On est dans de la pure SF d’action des années 80, avec des explosions, des courses poursuites, des coupes de cheveux improbables, un méchant vraiment méchant et un gentil vraiment trop beau. Ce gentil, c’est Kyle Reese, envoyé du futur par John Connor lui-même, afin de protéger sa maman et de la laisser accoucher tranquillement. C’est au mépris de tout paradoxe temporel qu’on découvre alors, médusés, que Kyle Reese est en fait le père de John, puisque lui et Sarah Connor profitent d’un moment de répit pour se livrer à un peu de sexy time. Mais c’est les années 80 alors la logique temporelle, hein. Regardez Retour vers le futur…

Tough luck

Si Kyle Reese ne verra jamais son fils grandir (oh, wait…), c’est parce qu’il se sacrifie en sauvant la vie de Sarah, avant que cette dernière ne vienne, seule, à bout du Terminator. Enfin « seule »… à l’aide d’une presse hydraulique, quand même. Mais le résultat est là, la machine à tuer qui la poursuivait sans relâche est désormais transformée en médaille d’argent, bien plate et bien vilaine. Fin du premier film. On s’imagine alors qu’il s’agit d’un de ces actioneers musclés comme il y en a beaucoup, dans les années 80. Sauf qu’en 1991, James Cameron (caaaaaaalme-toi, on y revient) sort la suite directe, sobrement intitulée Terminator 2: Judgment Day.
Dans cette suite, qui fait fi de toute logique temporelle puisqu’on y voit un John Connor ado qui doit bien avoir 15 ans mais qui est né 10 ans auparavant, un nouveau genre de Terminator est envoyé pour le transformer en kebab sans frites. Du coup, comme le John Connor du futur n’a plus de père à envoyer au casse-pipe, il décide d’envoyer un Terminator reprogrammé pour l’occasion. Parce qu’après tout, quel meilleur protecteur que le portrait craché de celui qui a essayé de vous tuer et a assassiné votre amoureux pour vous défendre ? Ouais bah on n’a jamais dit qu’il était très intelligent, le John.

Cette suite, qui va tout déchirer au box office, est un succès commercial, critique et publique, et pour cause : Effets spéciaux de folie, bande son hyper nerveuse (les Guns & Roses, quoi), un méchant bien badass et un Terminator qui apprend le concept de l’humour et s’humanise un peu. Mais bien avant tout ça, ce qui ressort de ce film, c’est la performance de Linda Hamilton, qui campe ici une Sarah Connor abîmée par la vie, enfermée en HP, avec un physique de dingue et une détermination à survivre qui force le respect. Fragile et en même temps terriblement forte, cette Sarah Connor est à placer au panthéon des icônes féminines (et féministes) du cinéma, aux côtés d’Ellen Ripley et d’Alex Owens de Flashdance (si si).

MADAME Sarah Connor

Au terme de ces deux films, il devient évident que le véritable héros de la résistance, l’espoir de l’humanité, n’est pas John, mais bien Sarah, sa mère. C’est elle qui le forme, qui oriente sa propre vie pour lui permettre d’être prêt pour la lourde tâche qui lui incombe (et qui lui décombe, selon Marcel Patoulachi) et sans elle, bah, pas de John, pas de leader de la résistance, et pas d’humains qui survivent avec des fayots en conserve, dans un monde dévasté par les machines (ce qui en vrai ne serait pas plus mal, mais c’est pas le sujet).

Il est donc plus qu’agréable de constater que dans ce troisième opus, qui vient ici parfaire cette trilogie, elle est à nouveau un personnage central. On l’y découvre plus âgée, mais toujours aussi forte, dégageant toujours une aura impressionnante de détermination et de puissance. Quand à Arnold Schwarzenegger, le Terminator des deux premier opus, il est lui aussi de retour, toujours dans le rôle d’une machine, qui a cependant vieilli, certainement dans le but de mieux se fondre dans la masse. Mais même à 70 ans, il n’a pas du tout l’air d’un tas de ferraille rouillé. Retrouver ce duo est donc certes du fan-service, mais c’est aussi complètement logique, puisqu’ils forment à eux deux la colonne vertébrale de cette saga.

 Et un, et deux, et trois héros !

Vous remarquerez que nous avons totalement occulté les autres films estampillés Terminator sortis par la suite. Et bien c’est simplement parce qu’ils n’existent pas. Non, ne cherchez pas, il s’agit d’un bug dans la matrice, ces daubes ne font pas partie de la saga. Et ce n’est pas nous qui le disons, mais monsieur James Cameron lui-même. En dé-canonisant T3, Terminator Salvation et ses motos-robot-mais-quand-même-dotées-de-guidons-pour-être-pilotées-par-l’humain-alors-qu’il-est-l’ennemi et Terminator Genisys (pouffe), Cameron reprend le contrôle de son œuvre et signe une véritable suite, 28 ans après le second opus. Et franchement, ça ne peut que faire du bien à cette franchise qui, avouons-le, partait relativement en sucette avec ses deux dernières itérations. Nous voilà donc débarrassés de trois mauvais souvenirs, et sur le point d’en prendre plein les yeux en retrouvant les personnages que l’on a aimé, près de trente ans après les avoir laissés.

Et comme Cameron n’avait pas envie de faire les choses à moitié, il a décidé de faire appel à Tim Miller, le réalisateur de l’explosif et délirant Deadpool, pour nous proposer un troisième opus digne de nos attentes : Un festival d’action, d’explosions et d’adrénaline ! Un cahier des charges qu’on imagine bien rempli, au vu des premières bande-annonces. Nous allons donc retrouver notre duo de choc, Sarah et le T-800, tous deux vieillissants, mais pas diminués pour un sou. Il seront cette fois accompagnés d’une femme mystérieuse, mi humaine-mi Terminator, venue du futur pour protéger une jeune fille d’un Terminator en métal liquide et aux capacités vraisemblablement encore plus poussées que celles du T-1000 de Terminator 2, majestueusement interprété alors par Robert Patrick et ses oreilles.

Jean-Sébastien ?

L’un des atouts des deux premiers Terminator, ce sont leurs dialogues.
S’il ne sont pas des festivals de one-liners comme peut l’être Predator, l’autre ultra-succès de Schwarzy, les Terminator peuvent se targuer de proposer deux-trois punchlines désormais cultissimes, telles que le fameux « I’ll be back », « Hasta la vista, baby. » ou le mille fois détourné « Sarah Connor ? ». Comme quoi on peut être une machine dénuée de toute forme de sentiment et avoir de meilleurs dialogues que Franck Dubosc sur toute sa carrière.
C’est donc tout naturellement qu’on attend Cameron et Miller au tournant.
Ceci dit, connaissant ce dernier et au vu des découpages épiques des scènes d’action dont il nous a gratifiés dans Deadpool, on peut s’attendre à des feux d’artifices a minima visuels.

Terminator Dark Fate s’annonce donc comme une digne suite et comme un film à la fois très contemporain (pour la technique) et hors de son époque (pour cet hommage que l’on sent déjà très bien aux années 80). Et c’est bien. On va donc tous pouvoir profiter une nouvelle fois du duo Hamilton / Schwarzy au cinéma… sans avoir à retourner dans le passé, à poil dans une bulle électrique. Et franchement ça, c’est pas mal.