Black Friday : 200 marques françaises appellent au boycott

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Par Felix Gouty le

Synonyme de courses de Noël moins chères pour les uns, le Black Friday symbolise pour les autres les problèmes de surproduction et de surconsommation. Un collectif de 200 marques françaises s’est ainsi formé, cette année, pour lutter contre cette opération commerciale annuelle.

Crédits : FAGUO.

Tradition annuelle américaine depuis des décennies seulement transmise en France depuis 2013, le « Black Friday » incite les commerces à proposer d’énormes promotions chaque année, à la fin du mois de novembre. « Le Black Friday n’existait pas il y a dix ans, et en quelques années, les Français en sont devenus accros, souligne Romain Raffard, le fondateur du fleuriste en ligne, Bergamotte, au Parisien. A-t-on vraiment besoin de s’acheter six T-shirts (d’un coup) ? » Bergamotte, ainsi que Nature & Découvertes et plus d’une centaine d’autres marques françaises ont suivi cette année la formation d’un collectif de boycott du Black Friday : « Make Friday Green Again ». Lancé par FAGUO, une marque de vêtements écoresponsables, ce collectif appelle les enseignes qui le rejoignent soit à fermer boutique durant l’événement promotionnel, soit à promouvoir la lutte contre la surconsommation et la surproduction, d’une manière ou d’une autre.

Par exemple, malgré son statut de propriété du groupe Fnac-Darty, Nature & Découvertes soutient le boycott et réitère la mise en place de son « Fair Friday » – où chaque achat s’accompagne d’un lot de graines pour nourrir les oiseaux durant l’hiver. Nicolas Rohr, dirigeant de FAGUO et fondateur du collectif, veut pousser les consommateurs à profiter de ce week-end pour « faire le tri dans leur placard, (réparer) ce qui peut l’être, (donner) ou (vendre) à d’autres particuliers ce qu’ils ne mettent pas ». Par ailleurs, il remarque enfin que « cette journée rend précaires les emplois en ne rémunérant pas les fabricants, les marques et les magasins au juste prix (et) participe aussi au dérèglement climatique en encourageant la surproduction ». En effet, l’organisme de promotion digitale, RetailMeNot, estime que les français dépenseront près de 6 milliards d’euros en achats effectués du 29 novembre au 1er décembre prochains.