CHEOPS : un nouveau télescope dédié à l’observation des exoplanètes

Espace

Par Felix Gouty le

Ce satellite-télescope va faire le tri entre les exoplanètes semblables ou non à notre planète et entre celles susceptibles d’abriter ou non une forme de vie. Il devait être envoyé ce matin, de Kourou en Guyane.

L'appareil Cheops en orbite autour d'une exoplanète.
Crédits : ESA / ATG medialab.

La fusée spatiale Soyouz-Frégate décollera prochainement avec à son bord, CHEOPS (ou Chéops), un satellite-télescope d’un nouveau genre. Le « CHaracterising ExOPlanet Satellite » orbitera ensuite pendant trois ans et demi à 700 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre. Son lancement, prévu ce matin, a été annulé à la dernière minute par la société de pilotage, Arianespace. Armé d’un puissant télescope, ce satellite tournera constamment le dos au Soleil pour éviter d’être perturbé par sa lumière. Sa mission ? Scruter la « banlieue proche » de notre étoile pour observer les autres systèmes solaires présentant des exoplanètes déjà identifiées. En totalité, Chéops devra observer 400 systèmes planétaires – dont, notamment, Proxima du Centaure, Koro 1 ou 55 Cancri – situés à seulement quelques centaines d’années-lumière du nôtre. « Nous savons qu’il y a des exoplanètes partout, qu’environ une étoile sur deux possède son cortège de planètes, a indiqué à l’AFP David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission Chéops. Maintenant, nous voulons dépasser la simple donnée statistique et les étudier en détail. »

L’objectif de Chéops est d’étudier le transit de ces exoplanètes devant leurs étoiles respectives, à la manière de ce qui se déroule lors d’une éclipse. Le satellite-télescope sera capable de mesurer la taille et le rayon d’un astre planétaire en comparant la luminosité émise par leur étoile avant, pendant et après le passage de l’astre ciblé devant son étoile. En comparant avec leurs données de masse obtenues en calculant le temps de transit, les astrophysiciens et planétologues de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’université de Berne, en Suisse, seront capables de mesurer la densité de ces exoplanètes. Connaître la densité équivaut à savoir à quel type de planète ils ont affaire : une densité élevée correspond à une planète rocheuse (ou tellurique) avec une fine atmosphère, comme la Terre, tandis qu’une densité basse caractérise plutôt une planète gazeuse dotée d’une atmosphère très épaisse, comme Jupiter. Si une exoplanète se trouve dans une zone orbitale dite habitable – où la température est juste assez élevée par que l’eau soit à l’état liquide – et qu’elle s’apparente à la Terre par sa densité, selon les informations fournies par Chéops, les chercheurs seront ainsi capables de mieux aiguiller leurs recherches autour des conditions possibles de la vie extraterrestre. « Si le but est d’aller chercher des traces de vie, Chéops va me dire que c’est sur (telle ou telle exoplanète) que je vais focaliser les télescopes plus puissants (comme le futur James-Webb de la NASA et l’ESA) », a souligné David Ehrenreich. Le lancement de la fusée Soyouz-Frégate, destinée notamment à l’envoi du satellite-télescope Chéops, depuis Kourou, en Guyane, ce matin a été reporté par la société Arianespace pour une raison inconnue. Un nouveau lancement sera reprogrammé « dès que possible ».

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