France Télécom et son ancien PDG condamnés pour harcèlement moral

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Par Felix Gouty le

France Télécom (Orange) est la première société à être condamnée pour harcèlement moral institutionnel. La justice a ainsi tranché à sa défaveur dix ans après une vague de suicides au sein de ses employés.

Crédit WilliamCho / Pixabay

D’anciens dirigeants de France Télécom, aujourd’hui Orange, ont été condamnés ce vendredi 20 décembre par le tribunal correctionnel de Paris. L’ancien PDG, Didier Lombard, et d’autres anciens dirigeants de l’entreprise ont été condamnés pour harcèlement moral, dix ans après de multiples suicides d’employés survenus au cours des années 2000. « Loin de se réduire à un conflit individuel, le harcèlement moral peut avoir ses racines profondes dans l’organisation du travail et dans les formes de management », a déclaré la présidente Cécile Louis-Loyant en rendant son verdict. Le PDG Didier Lombard, son ancien bras-droit, Louis-Pierre Wenès, et l’ancien DRH Olivier Barberot ont chacun été condamnés à un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15 000 euros d’amende mais ont annoncé leur intention de faire appel. France Télécom, l’entreprise, a, elle, accepté la sentence : 75 000 € d’amende à ajouter à 5 millions d’euros de réparation aux 150 victimes qui s’étaient portées parties civiles dans ce dossier.

C’est la première fois qu’une société est condamnée pour « harcèlement moral institutionnel » en France. Le tribunal a rappelé qu’il ne s’agissait pas de « critiquer les choix stratégiques d’un chef d’entreprise » mais qu’un plan de réduction des effectifs devait fixer « un objectif accessible sans recourir à des abus ». Ce plan imaginé par la direction de France Télécom avait pour objectif le départ de 22 000 employés en trois ans.