Virus en Chine : quelles mesures de protection sont en place en France ?

Science

Par Felix Gouty le

Le bilan s’élève à 80 morts dans le monde et près de 3000 cas de contamination avérés, pour cette épidémie de coronavirus proche du SRAS. En France, les autorités de santé assurent avoir d’ores et déjà des dispositifs efficaces mis en place.

Un médecin avec un masque dans un laboratoire.

Ce weekend, des voyageurs revenus de Chine ont dévoilé à différents médias la façon dont ils avaient été pris en charge à leur retour en France. Plusieurs se sont étonnés des mesures mises en place pour prévenir la diffusion du coronavirus 2019-nCOV suggérant que les contrôles étaient somme toute assez faibles. Pour y voir plus clair sur le sujet, nous avons dressé un bilan des mesures mises en place. Rappelons avant de s’y pencher, qu’à ce jour, le bilan de cette nouvelle maladie qui rappelle le SRAS (ou Syndrome respiratoire aigu sévère) s’élève à 80 morts confirmés, en Chine uniquement, et près de 3 000 d’individus contaminés. Trois d’entre eux sont actuellement en quarantaine en France, un à Bordeaux et deux à Paris. Tous étaient revenus d’un séjour à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Suite à l’intervention de l’Organisation mondiale de la santé jeudi dernier, le gouvernement chinois a enclenché un grand nombre de procédures pour limiter la propagation du virus sur son territoire et à l’international : construction en urgence d’hôpitaux pour accueillir les personnes infectées, mises en confinement de plusieurs communes, etc.

En France, les autorités de santé se veulent rassurantes. La ministre de la santé, Agnès Buzin, a expliqué la raison de l’absence de caméras thermiques (utilisées pour identifier des personnes fiévreuses, donc potentiellement malades) dans les aéroports. D’après elle, un tel diagnostic pourrait être faussé par l’épidémie de grippe saisonnière en cours. “La plus appropriée des solutions est de donner une information aux passagers, ce que nous faisons, par papier, en trois langues », a affirmé la ministre. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a par ailleurs annoncé la mise en œuvre d’un rapatriement spécial en France pour ses ressortissants en Chine en milieu de semaine.

Équipes médicales préparées

A Paris, l’hôpital Bichat et l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière assurent disposer chacun de sept chambres d’isolement adaptées pour les individus contaminés. Depuis la première épidémie de SRAS en 2002-2003, leurs équipes médicales seraient déjà préalablement formées à une telle situation. L’hôpital Bichat a récemment annoncé mettre en place un dispositif d’analyse directement sur place, pour accélérer les évaluations et éventuels examens biologiques. Par ailleurs, les consignes du ministère de la santé sont claires. Une personne présentant des symptômes potentiellement liés au virus, revenant d’un voyage en Chine ou ayant croisé des personnes rentrant du pays ne doit pas se rendre aux urgences, où elle pourrait transmettre le virus à d’autres individus. Elle doit appeler le SAMU via le 15 afin d’entrer en contact avec un médecin régulateur. Si celui-ci estime qu’il y a un risque (forte fièvre, détresse respiratoire importante et lien direct ou indirect avec la ville de Wuhan), une équipe médicale viendra emmener cette personne directement à l’hôpital où elle sera évaluée. Pour rappel, le coronavirus 2019-nCoV se transmet uniquement par postillons ou par contact prolongé avec une personne infectée.