Coronavirus : en Chine, une app pour savoir si on a été en contact avec une personne infectée

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Par Felix Gouty le

Scannez un QR Code, remplissez un formulaire avec vos informations et regardez si oui ou non vous avez été en contact avec quelqu’un infecté par le coronavirus de Wuhan. L’idée est d’informer mais la méthode est loin de respecter le secret médical ou la vie privée.

Un smartphone tactile.
Crédits : TeroVesalainen / Pixabay.

L’épidémie de coronavirus de Wuhan, ou 2019-nCoV, a aujourd’hui dépassé la barre des milles victimes. Plus de 40 000 personnes en sont infectées à travers le monde, en majorité en Chine. Tedros Adhanom Ghebreyes, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, a aujourd’hui qualifié l’épidémie de « très grave menace », même pour le reste du monde. En conséquence, le gouvernement chinois a lancé une nouvelle initiative. Depuis samedi dernier, les citoyens chinois peuvent accéder à un nouveau portail d’information via plusieurs applications mobiles. Pour cela, grâce à des applis comme Alipay, WeChat ou QQ, il suffit de scanner un QR Code qui donne accès un formulaire. L’utilisateur inscrit son numéro de portable puis renseigne son nom et son numéro de pièce d’identité. Le portail leur indique alors si oui ou non ils ont été en contact étroit avec des personnes recensées comme infectées par le virus.

Bien sûr, surveillance d’État oblige, les principes de secret médical ou de respect de la vie privée ne semblent pas s’appliquer ici. Le communiqué de presse ne précise pas non plus comment la « détection des contacts étroits » est vraiment établie. De plus, il n’indique pas où il est possible d’obtenir le fameux QR Code. Par ailleurs, avoir été en contact étroit avec des personnes malades – si tant est que le système ne se trompe pas – ne signifie pas forcément être contaminé. Cette mesure intervient après que les aveux du président chinois Xi Jinping qui disait regretter que le gouvernement n’ait pas combattu l’épidémie plus tôt. Elle est surtout lancée après les révélations sur les premiers lanceurs d’alerte. L’ophtalmologue Li Weilang aurait tenté de prévenir ses collègues médecins de l’émergence du virus à la fin du mois de décembre 2019, alors qu’il retrouvait les symptômes du SRAS (très proche du 2019-nCoV) chez ses patients. Il avait été alors arrêté par les autorités pour avoir « propagé des rumeurs » et aurait été forcé de renier ses déclarations. Il est décédé il y a plusieurs jours des suites à du coronavirus. Il est depuis devenu un symbole pour certains chinois, regrettant le manque de transparence de leur gouvernement dans une situation de crise.