Amazon Prime Video : pourquoi la série Hunters fait-elle polémique ?

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Par Julie Hay le

Une séquence du premier épisode fait débat, et le musée d’Auschwitz accuse la série d’encourager les négationnistes. L’institution déplore que certaines scènes imaginées par les scénaristes ne collent pas à la réalité historique.

Hunters
Crédits : Amazon Prime Vidéo

Le 21 février, Amazon Prime dévoilait sa nouvelle série de fiction. Hunters nous plonge dans l’Amérique des années 70, où des chasseurs de nazi traquent des anciens hauts dignitaires du III Reich. Ces nazis se sont installés dans l’ombre et préparent l’arrivée d’un nouveau régime totalitaire. Entre flashbacks dans les camps de concentration, et scènes de bastons presque cartoonesques, la série mélange les genres et ce n’est pas du goût de tous. Sur Twitter, le musée d’Auschwitz s’est indigné du traitement qu’offre la série de cette période historique. C’est notamment une scène qui fait débat, celle de l’échiquier. “Auschwitz a été le théâtre de douleurs horribles et de souffrances documentées grâce aux récits des survivants. Inventer un faux jeu d’échec humain dans la série Hunters est non seulement une caricature ahurissante et dangereuse, mais participe aussi à l’émergence de futurs négationnistes. Nous honorons les victimes en préservant l’exactitude des faits”.

Un “événement fictionnalisé”

Le créateur de la série n’a pas tardé à répondre via un communiqué. Celui qui s’est inspiré du récit de sa grand-mère, explique avoir “fictionnalisé” un événement pour “montrer le sadisme et la violence extrême des actes commis par les nazis contre les Juifs et les autres victimes.” Il explique le but de la série est de “contrer le révisionnisme”. Il ajoute que même si elle est inspirée de faits réels, elle “n’est pas un documentaire et n’a jamais prétendu l’être.”

Ce n’est pas la première fois pourtant qu’un oeuvre fictive s’éloigne de la réalité historique lorsqu’il s’agit de montrer l’horreur des camps de concentration. On peut notamment penser à La Vie est Belle de Roberto Benigni, à qui l’on reprochait aussi ses choix scénaristiques. Le ton beaucoup trop humoristique lui avait valu d’être vivement critiqué dans la presse, même si le film avait remporté plusieurs Oscars en 1999.