L’humanité doit-elle se méfier de l’hantavirus ?

Science

Par Felix Gouty le

Alors que le coronavirus SARS-CoV-2 continue de faire rage à travers le monde, une inquiétude grandit concernant un décès provoqué, en Chine, par une infection à un hantavirus. Quel est-il ? Est-il dangereux pour l’homme ? Peut-il provoquer une épidémie à son tour ?

Le rat (Rattus sp.) est l’une des principales espèces “réservoirs” des hantavirus (Crédits : Wolfgang_Vogt / Pixabay).

Alors que l’actualité du monde entier semble n’être ponctuée que de nouvelles concernant le coronavirus SARS-CoV-2, à l’origine de la pandémie de pneumonie virale COVID-19, il ne manquerait plus qu’un autre virus pointe le bout de son nez. Il y a quelques jours, le journal chinois pour lecteurs anglophones, Global Times, indiquait sur Twitter qu’un passager d’un bus, en Chine, avait été victime d’une infection à l’hantavirus. Il n’en a pas fallu davantage pour créer un véritable incendie de réactions sur la toile, craignant la menace inconsidérée d’une nouvelle épidémie. En vérité, il y a extrêmement peu de chances qu’on entende parler d’un tel virus au-delà de cette occurrence récente.

Hantavirus (ou orthohantavirus) désigne une famille de virus, bien connue des virologues, qui infectent rarement l’être humain. Les quelques hantavirus capables de l’infecter proviennent tous d’une zoonose – transmission animal-humain – avec des rongeurs, notamment le rat (Rattus sp.), “hôtes réservoirs” avérés de ces virus. Trois types d’hantavirus différents sont responsables d’un syndrome pulmonaire potentiellement mortel en Amérique du Nord. En Europe et en Asie, les virus Puumala et Hantaan peuvent causer de violentes fièvres hémorragiques et des insuffisances rénales. Les transmission inter-humains, c’est-à-dire d’une personne malade à une personne saine comme c’est le cas avec le coronavirus du COVID-19, restent extrêmement rares et n’ont même jamais été recensées dans certaines parties du monde, pourtant concernées. Par ailleurs, son mode de contamination est très spécifique à un contexte d’hygiène déplorable. En effet, comme l’affirme le ministère de la Santé, un humain ne peut contracté un hantavirus qu’“en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments provenant de rongeurs sauvages infectés” ou “lors d’un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflée), ou encore, par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés.”

Un virus trop spécifique pour enclencher une nouvelle épidémie ?

Dans une interview donnée à nos confrères de 20 Minutes, Guillaume Castel, chercheur en virologie à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), précise que “l’infection, le plus souvent bénigne, concerne surtout les travailleurs en forêt, les bûcherons et certaines régions en France, comme les Ardennes. (En Europe), ce sont les campagnols qui le transmettent le plus souvent.” Selon lui, il n’y a qu’une centaine de cas détectés chaque année sur le territoire français – contre entre 2 et 8 millions de personnes touchées par la grippe saisonnière, chaque année. Connu depuis plusieurs décennies, ces virus n’ont jamais provoqué d’épidémies notables. Il n’existe néanmoins aucun vaccin contre eux. Seul un traitement à la ribavirine, un anti-viral, a apporté des résultats en Asie. Pour ne pas contracter de telles maladies, il suffit simplement d’éviter les contextes indiqués ou d’effectuer des gestes d’hygiène adéquats tant sa contagiosité est extrêmement faible chez l’être humain.

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