Le plus grand trou dans la couche d’ozone s’est formé en Arctique

Science

Par Felix Gouty le

Ce trou observé dans la couche d’ozone au-dessus du pôle nord ferait trois fois la superficie du Groenland. Contrairement à la couche d’ozone antarctique, ce phénomène est assez rare.

Un lac de glace se forme au Groenland.

Le 23 mars 2020, l’observatoire de l’ozone de l’Agence aérospatiale américaine (NASA pour les intimes) a enregistré la formation du plus grand trou dans la couche d’ozone arctique jamais vu. Lorsque l’on parle d’un trou dans la couche d’ozone, on fait généralement référence à un phénomène atmosphérique récurrent au-dessus de l’Antarctique, au pôle sud de notre planète. Chaque année, vers la fin de l’hiver antarctique (de mars à octobre), la couche d’ozone (O3) est grignotée par des nuages remplis de produits chimiques issus de l’activité humaine que les vents froids élèvent entre 10 et 50 kilomètres d’altitude. En temps normal, cette couche de gaz naturel protectrice filtre les dangereux rayons ultra-violets émis par la lumière du Soleil. La couche d’ozone au-dessus de l’Arctique, au pôle nord, est rarement concernée par ce phénomène de “trou” car les vents froids sont généralement moins prononcés. L’an dernier, le trou dans la couche d’ozone arctique était par exemple le plus petit jamais enregistré – comme celui de l’Antarctique, quelques mois plus tard.

Le taille du trou observé actuellement au-dessus de l’Arctique ferait trois fois la superficie du Groenland. Les ballons de mesure météo de la NASA ont constaté qu’à 18 kilomètres d’altitude, au cœur de la couche d’ozone, la quantité d’O3 avait diminué de 90%. En temps normal, ils relèvent le plus souvent 3,5 parties par million d’ozone tandis qu’aujourd’hui, ce chiffre approche plus des 0,3 parties par million. Selon les chercheurs, ce phénomène record coïnciderait avec la formation inattendue d’un “vortex polaire” : des vents venus de l’ouest auraient convergé au pôle nord pour former un courant d’air froid vertical. Les nuages chargés de bromine et chlorine (émis par la réfrigération et d’autres activités industrielles) sont ainsi parvenus à briser les molécules d’ozone. Pour l’instant, ce trou dans la couche d’ozone ne serait pas dangereux pour la population locale. Néanmoins, selon Nature, à mesure qu’il se réduira dans les prochains jours et qu’ils se déplacent, il pourra obliger les habitants du Groenland à sortir les lunettes de soleil et la crème solaire pour éviter les brûlures.

Source: Nature