Le virus SARS-CoV-2 est-il plus mortel que celui de la grippe H1N1 ?

Science

Par Felix Gouty le

Si le coronavirus SARS-CoV-2 du COVID-19 s’avère peut-être moins mortel que ses prédécesseurs, il semble que son taux de létalité soit bien plus élevé que celui des différentes grippes auxquelles a fait face l’humanité.

Crédits : NIAID / NIH.

Répétons-le encore une fois : non, le coronavirus du COVID-19 n’est pas une « grippette. » D’après les dernières données statistiques, ce serait même plus qu’un euphémisme d’en parler ainsi. Tedros Adhanom Ghebreyesus, dirigeant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a tenu à le faire savoir récemment pour inciter les gouvernements du monde entier à assouplir leurs mesures de confinement et de limitation de propagation de la maladie « lentement et avec du contrôle ». En effet, aux vues de l’évolution de la pandémie de pneumonie virale actuelle, le COVID-19 pourrait s’avérer plus mortel que la grippe. « Nous savons que le virus se répand rapidement et nous savons qu’il est mortel, a souligné l’OMS. Il serait dix fois plus mortel que le virus responsable de la pandémie de grippe de 2009. »

A l’heure actuelle, le COVID-19 aurait fait, au moins, plus de 127 500 victimes à travers le monde depuis son apparition dans la ville chinoise de Wuhan à la fin du mois de décembre 2019 – soit, il y a moins de quatre mois. En mars-avril 2009, un virus de la grippe de type A, de souche H1N1 (la même que celle de la « grippe espagnole »), particulièrement virulent s’est manifesté au Mexique. En juin 2010, alors que la pandémie dont il a été à l’origine est endiguée, l’OMS a recensé officiellement plus de 18 000 morts. Deux ans plus tard, la revue scientifique et médicale The Lancet a revu ce chiffre à la hausse en estimant un nombre de victimes davantage situé autour de 280 000 en réalité. Le taux de mortalité de la grippe de la pandémie de 2009 a été depuis estimé entre 0,03% et 0,3%. En effet, compte tenu des circonstances (accès à la santé, à l’hygiène, mesures de lutte, etc) et des populations ciblées (personnes âgées, jeunes adultes, etc), il est parfois très difficile d’établir un taux de létalité précis. La grippe saisonnière, de souche H1N1 elle aussi, est chaque année responsable du décès de 250 000 à 500 000 personnes à travers le monde pour un taux de mortalité de 0,1% en moyenne. Le coronavirus SARS-CoV-2, à l’origine de la maladie du COVID-19, quant à lui, entraînerait la mort d’environ 2 à 3% des malades. Ce taux reste plus faible en comparaison des précédents coronavirus du genre, à l’origine des épidémies de SRAS en 2002-2004, estimé à 10%, et de MERS-CoV en 2012 au Moyen-Orient, encore évalué à 30%. En conclusion, le taux de mortalité estimé actuellement pour le COVID-19 se rapprocherait davantage de celui de la grippe espagnole, qui avait causé une pandémie après la première guerre mondiale, soit 2,5%.