Le Soleil va-t-il nous sauver du virus SARS-CoV-2 ?

Science

Par Felix Gouty le

Des chercheurs brésiliens se sont demandés si l’augmentation des températures, dans un climat subtropical humide, était corrélée à une réduction du nombre de cas de contamination. La réponse semble être positive mais comporte des nuances.

Crédits : jplenio / Pixabay.

Non, contrairement aux dires d’un certain président américain, le coronavirus du COVID-19 et la pandémie dont il est la cause ne disparaîtront pas par magie avec les beaux jours. Des chercheurs brésiliens se sont néanmoins posées la question de manière scientifique : et si la chaleur amenée par le Soleil pouvait affecter la survie du coronavirus SARS-CoV-2 et ainsi réduire le nombre de contaminations ? Pour y répondre, ils ont comparé les relevés météorologiques et de température aux nombres de malades recensés quotidiennement dans 27 grandes villes du Brésil, du 27 février au 1er avril dernier. Dans ce pays subtropical d’Amérique du Sud, cette période de l’année reste très ensoleillée et comporte ainsi des moyennes de température entre 16,8 et 27,4 degrés Celsius. Comme ils le détaillent dans leur étude publiée dans la revue Science of the Total Environment, les chercheurs se sont aperçus d’une tendance linéaire qui montre une réduction du nombre de cas avec l’augmentation des températures.

En effet, chaque augmentation d’un degré correspondrait à une baisse d’environ 5% du nombre de cas recensés par jour. Cette diminution apparemment relative à la chaleur croissante s’applique jusqu’à une limite de 25,8°C. Au-delà de ce pallier, le nombre de cas repart légèrement à la hausse avant de se stabiliser. Les chercheurs ne sont cependant pas en mesure d’expliquer biologiquement cette relation entre chaleur croissant, humidité et survie du virus. “Nos découvertes ne montrent pas que le coronavirus du COVID-19 disparait par lui-même lorsque le climat local se réchauffe”, avouent les chercheurs en conclusion de leur étude. “Les mesures de distanciation sociale en vigueur ont très bien pu avoir un impact direct sur l’évolution du nombre de contaminations et donc les résultats de nos recherches.” Autrement dit, si le virus peut effectivement mal supporter une certaine dose de chaleur, il est surtout mis à mal par la limitation la plus stricte de sa propagation et le respect des gestes barrières, voués à réduire les risques de contamination. Le Soleil et sa chaleur peuvent néanmoins apporter un coup de main à ces méthodes primordiales. Outre la hausse des températures, l’augmentation du rayonnement solaire en été peut aussi aider à exterminer le virus sur les surfaces, en particulier en extérieur. En effet, comme l’expliquait la revue scientifique Science en mars dernier, une exposition étendue aux rayons ultra-violets du Soleil suffirait à l’exterminer si besoin – comme c’est le cas pour une majorité de micro-organismes. Il ne faut par contre pas croire, à tort, que les UV peuvent protéger notre corps de l’infection ou de la transmission du virus. Comme le rappelle la Fondation ARC pour la recherche contre le cancer, les rayonnements ultraviolets sont nocifs pour notre corps et peuvent provoquer des cancers de la peau. Cet été, comme chaque année, la crème solaire reste donc de rigueur !