Une fuite de méthane a été découverte sous la glace de l’Antarctique

Science

Par Felix Gouty le

En 2011, des microbiologistes américains ont constaté la formation d’une fuite de méthane, un gaz à effet de serre, au niveau du plancher océanique en Antarctique. Aujourd’hui, ils indiquent que le gaz libéré n’est que très peu filtré par les micro-organismes et donc pourrait s’échapper dans notre atmosphère.

Crédits : Oregon State University.

Le méthane (CH4) serait un gaz 25 fois plus efficace à produire un effet de serre que le dioxyde de carbone (CO2). Et aujourd’hui, il s’en échappe du fond marin en Antarctique. Une équipe de chercheurs spécialisés en microbiologie marine, émanant de l’université d’État d’Oregon, en a fait la découverte. Les scientifiques américains publient aujourd’hui le bilan alarmant de leurs observations dans la revue Proceedings of the Royal Society B – Biological Sciences. En 2011, lors d’études du plancher océanique sur le terrain en Antarctique, ils s’étaient aperçus qu’un important tapis microbien s’était formé à 10 mètres de profondeur en mer de Ross. Ce phénomène résulte généralement de l’apparition d’un suintement froid, qui correspond à une fuite de gaz similaire aux sources hydrothermales volcaniques. Cette fuite froide provient de la percée d’un réservoir souterrain de gaz, en l’occurrence du méthane. En effet, d’après les scientifiques, un quart du méthane retenu sous le plancher océanique terrestre se situerait en Antarctique. Ce serait néanmoins la première fois qu’une fuite y soit découverte.

Les colonies bactériennes s’accumulent au niveau de la fuite pour se nourrir des plus petits organismes microbiens qui « filtrent » ce gaz pour survivre. Cependant, un an après la formation de la fuite en 2011, aucune espèce d’archée d’oxydation anaérobique du méthane (ou ANME, qui appartient à un groupe de bactéries spécialisées), généralement présente dans ce genre de contexte, n’était recensée. Cinq ans après, la communauté microbienne observée autour de la fuite ne comptait que 4% d’ANME. Selon les microbiologistes, cela pourrait sous-entendre qu’une quantité inconnue de méthane ne serait pas filtrée. Une partie du gaz libéré par la fuite finirait donc par atteindre la surface et par se dégager dans l’atmosphère. « Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre le plus susceptible de réchauffer notre atmosphère, rappelle Andrew Thurber, l’un des chercheurs, à SlashGear. L’Antarctique comporte de vastes réservoirs de ce gaz qui sont ainsi prompts à s’ouvrir. » Et « tandis que la glace fond à cause du réchauffement climatique » et que les bactéries filtreuses manquent, le méthane finit par avoir plus de chance de s’échapper dans l’atmosphère.

Un hiver antarctique
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